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Centrafrique : « Le Droit d’Auteur est loin d’être respecté dans le pays », selon l’artiste-auteur-compositeur, Gervais Lakosso

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BANGUI, 25 Avril 2018 (RJDH)… Dans une interview accordée au RJDH,  relative à la journée mondiale du livre et du Droit d’Auteur célébré le 23 Avril, l’artiste-auteur-compositeur centrafricain, Gervais Lakosso, a déclaré que le droit d’auteur est loin d’être respecté dans le pays par faute de la structuration du Bureau Centrafricain du Droit d’Auteur(BUCADA).

RJDH: Mr. Gervais Lakosso, bonjour

Gervais Lakosso: bonjour Madame

RJDH : Vous êtes artiste-auteur-compositeur centrafricain, quelle est votre lecture du respect du Droit d’Auteur en Centrafrique ?  

Gervais Lakosso : le constat est vraiment amer, Madame la journaliste. Et pour preuve la célébration de cette journée mondiale du Droit d’Auteur n’est pas observée par les auteurs centrafricains, ce qui explique à suffisance que rien n’est fait pour protéger le Droit des Auteurs dans le pays et pour leur permettre d’en jouir. Donc la situation n’est pas intéressante et il y’a une grande incompréhension entre les auteurs et le ministère en charge des arts et de la culture sur les démarches de restructuration du Bureau Centrafricain es Droits d’Auteurs qui est en souffrance il y’ a des dizaines d’années, ce qui fait que les auteurs ne jouissent pas pleinement de leurs droits.

RJDH : Nous sommes en train de parler du Droit d’Auteur au moment où se trouve un texte en révision par rapport à la législation du Droit d’auteur centrafricain. Dites-nous à quel niveau se trouve ce texte ?

Gervais Lakosso : Ce texte se trouve encore au niveau de la commission nationale des textes qui devait l’acheminer au gouvernement pour qu’il arrive sur la table du parlement pour examen et validation afin que le Chef d’Etat puisse le promulguer. Malheureusement le ministère ne s’en occupe pas comme il se doit car il s’octroie seulement des fausses priorités aujourd’hui sur la restructuration du Droit d’Auteur. Je m’explique : cette restructuration est devenue utile parce que le Bureau Centrafricain du Droit d’Auteur travaille avec un texte caduc puisque ce texte ne prenait en compte que le Droit d’Auteur alors qu’aujourd’hui, le contexte de la gestion collective du Droit d’Auteur a évolué dans le monde et qu’on a ajouté au Droit d’Auteur un autre Droit qui est le Droit Voisin. Et qu’avec l’appui technique de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle, nous avons procédé à la relecture de l’ancien texte. Donc, là, il y’a un projet de Loi sur le Droit d’Auteur et le Droit Voisin en RCA depuis plusieurs années mais par la faute des dirigeants du ministère en charge des arts et de la culture, ce texte n’arrive pas à quitter la commission nationale des textes.

RJDH : Vous avez parlé de la non opérationnalisation du BUCADA, vous en tant que membre de ce bureau qu’est-ce que vous proposez pour sa redynamisation ?

Gervais Lakosso : il ne s’agit pas aujourd’hui de redynamiser seulement le BUCADA. Il est  important de mettre en place une nouvelle structure de gestion collective du Droit d’auteur et du Droit Voisin qui ne s’appellera pas forcément BUCADA. Il se peut que par symbolisme l’assemblée générale conserve l’appellation. Mais l’étape numéro 1 pour ne pas dire zéro, c’est la promulgation de la loi. Donc au lieu de mettre en place une structure de BUCADA qui fait partie des organes du ministère des arts et de la culture, il faut mettre en place ou bien nommer un expert national chargé de la restructuration du bureau. L’expert sensibilisera donc les acteurs, recréera les fichiers des auteurs du BUCADA pour avoir le répertoire des auteurs centrafricains.

RJDH : Si nous revenons à la question du texte en cours de promulgation, quel sera la particularité du nouveau du texte ?

Gervais Lakosso : la particularité de ce texte est qu’il couvrira aussi le Droit voisin. L’ordonnance de 1985 qui a mis en place le BUCADA légifère que sur le Droit d’Auteur or la loi qui va sortir prendra en compte à la fois le Droit Voisin. Le Droit voisin est le Droit de ceux qui exécutent les œuvres.

RJDH : Mr Lakosso, aujourd’hui beaucoup d’artistes centrafricains sont taxés de plagiat, qu’en dites-vous ?

Gervais Lakosso : c’est justement l’absence de la structure de la gestion collective d’Auteurs qui laisse développer ce système et qui encourage ceux qui le pratiquent. Pourquoi? Parce que le Droit d’Auteur ne protège que les nouvelles créations et si les pratiquants des plagiats se rendent compte que ceux qui créent des œuvres sont recomposés, ils vont abandonner leur mauvaise méthode. Aussi ceux qui pratiquent ce système commettent des actes illégaux sans le savoir car un jour, les propriétaires pourront les poursuivre en justice. A moins qu’ils déclarent que c’est une adaptation d’une œuvre d’autrui.

RJDH : Gervais Lakosso, je vous remercie

Gervais Lakosso : c’est moi qui vous remercie

Source : rjdh.org

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