Les avocats du procès du putsch manqué se retirent de l’audience au Burkina

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« Nous quittons la salle à notre corps défendant », a déclaré Me Dieudonné Bonkoungou, un des avocats du général Gilbert Diendéré.

A l’ouverture de l’audience, le tribunal avait estimé que la convocation et la présence des témoins incombait à la partie citante, en l’occurrence la défense. Le tribunal a également rejeté plusieurs listes de témoins demandés par la défense pour « non respect des procédures ».

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A la lecture de cette décision, les avocats de la défense, après avoir bénéficié d’une pause de trente minutes pour se concerter, ont souhaité une suspension du procès de deux mois afin de faire comparaître leurs témoins.

Cette demande a été rejetée par le tribunal.

« Dans ces conditions, nous ne pouvons pas assister au procès », a estime Me Bougnoule.

« Si nous voulons la manifestation de la vérité, il faut que les témoins cités puissent comparaître, ce qu’on nous refuse », a souligné Me Mathieu Somé, un autre avocat de la défense.

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La défense souhaite notamment voir comparaître le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’ancien président de la transition Michel Kafando, l’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida, des diplomates et des autorités coutumières et religieuses.

La défense aimerait aussi entendre les présidents sénégalais Macky Sall, nigérien Mahamadou Issoufou et l’ancien chef d’État béninois Yayi Boni qui avaient effectué des missions de l’Union africaine dans le pays pendant la crise.

« Cette attitude est curieuse », a réagi Me Sayouba Néya, un avocat de la partie civile, reprochant à la défense de ne pas avoir fait ce « qu’il fallait pour que ces témoins comparaissent ».

« C’est leur droit de quitter la salle mais cela n’empêche pas que la procédure continue », a-t-il souligné.

Malgré le retrait des avocats de la défense, le tribunal a poursuivi l’audience, prenant notamment une ordonnance de jugement par défaut contre une dizaine d’accusés en fuite, dont Fatoumata Diendera, l’épouse du général Diendéré.

Au total, 84 accusés sont jugés dans cette affaire, dont les généraux Diendéré et Djibrill Bassolé, cerveaux présumés du coup d’État manqué qui a fait 14 morts et 270 blessés.

Le 16 septembre 2015, des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré. Le RSP était la garde prétorienne de Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par la rue après 27 ans au pouvoir.

Le général Diendéré, qui avait pris la tête du coup d’Etat, et les autres personnes poursuivies sont accusés d’attentat à la sûreté de l’État, meurtres, coups et blessures volontaires.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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