Paris nomme un nouveau préfet à Mayotte

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Mayotte, où la situation sanitaire s’aggrave, est agitée depuis un mois par un mouvement social qui dénonce l’insécurité et l’immigration clandestine venue des Comores, où le revenu moyen par habitant est treize fois inférieur à celui du département français.

Composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), les Comores ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais celle de Mayotte a alors décidé de rester dans le giron de la France, au grand dam de Moroni qui en revendique la souveraineté.

Le nouveau préfet de Mayotte, Dominique Sorain, ancien préfet de l’île française de La Réunion, est également nommé « délégué du gouvernement ». Il était jusqu’alors directeur de cabinet de la ministre des Outre-mer. Il remplacera Frédéric Veau.

M. Sorain sera accompagné d’une équipe de six personnes qui viendra renforcer les services de l’État sur place, a précisé la ministre devant la presse. L’équipe est composée d’experts des différents secteurs en proie à de graves difficultés : action sociale, sécurité, éducation, santé, environnement…

Autour du délégué, « l’équipe interministérielle sera en lien direct avec élus, acteurs du mouvement social, société civile et présentera, dans un délai d’un mois, un train de mesures sociales et économiques en faveur du développement et du redressement de Mayotte », a-t-elle indiqué.

Interrogé mercredi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre français Edouard Philippe a insisté pour sa part sur le dialogue nécessaire avec l’archipel des Comores.

« Nous ne règlerons pas durablement la situation de Mayotte sans travailler, discuter et convenir d’un certain nombre de choses avec les Comores », a-t-il affirmé, plaidant pour « une discussion ferme et confiante avec les Comores si l’on veut trouver les éléments d’une solution durable à Mayotte ».

>> Lire aussi : Paris annonce la reprise certaines expulsions vers les Comores

Le nouveau préfet et la délégation d’experts seront dès vendredi à Mayotte pour entamer les discussions avec les différentes parties.

Mayotte était toujours paralysée mercredi par des barrages routiers, six semaines après le début du mouvement.

« Les entraves à la circulation, la mise en danger d’autrui, les opérations de justice communautaire et le racket organisé sur certains barrages sont des faits graves passibles de poursuites », a rappelé la ministre Annick Girardin, soulignant la fermeté du gouvernement.

Les autorités françaises ont multiplié dernièrement les expulsions de Comoriens sans papiers. Moroni a riposté mercredi dernier en refusant de laisser rentrer sur son territoire ses citoyens refoulés. Mais vendredi, Moroni a promis un renforcement des mesures de sécurité sur l’île d’Anjouan, principal point de départ des immigrants clandestins vers Mayotte, notamment pour « traquer » les passeurs.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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