Centrafrique : Bangassou toujours dans l’œil du cyclone ?

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Les populations de Bangassou, ville à quelque 600 kilomètres à l’Est du pays restent en proie aux groupes armés étrangers qui menacent d’annexer la ville. Tandis que de l’intérieur, les groupes d’autodéfense dictent leur loi ; à l’extérieur, ce sont plutôt des menaces persistantes d’annexion par des troupes de Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) qui seraient descendus de Bria et composées majoritairement des sujets soudanais et tchadiens lourdement armés.

Anxiété, peur et psychose généralisée, tel est l’état d’esprit actuel des populations de Bangassou et environs, surtout que les stigmates des violents affrontements entre Auto-défense et les hommes de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) du seigneur de guerre nigérien Ali Darass, d’une part, et d’autre part, entre Auto-défense et éléments de la MINUSCA, sont béants. Tout se passe comme si tout peut arriver à Bangassou à n’importe quel moment. Des mouvements de protestation sont enregistrés régulièrement par certaines couches de la population, surtout les femmes, à travers parfois des marches pacifiques, à torses nues.

Les Députés de Bangassou, et plus largement ceux de la Région Mbomou et du Haut-Mbomou, à leur tête Serge Singha Bengba n’en pouvant plus, ont décidé de taper du poing sur la table de la MINUSCA. Le 12 mars dernier, les élus de la Nation ont exigé et obtenu un tête-à-tête avec Parfait Onanga Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSCA.

Après le huit clos, le chef de fil des Députés s’est confié à la presse. « Il était important pour nous de venir vers la MINUSCA pour discuter, échanger et surtout savoir quel était le projet de la Mission pour ramener la paix dans cette région et à Bangassou en particulier », a fait savoir l’honorable Serge Singha Bengba qui indique par ailleurs que « le Représentant spécial nous a garanti que Bangassou est et sera protégée. Comme à Bambari, où la MINUSCA avait tracé une ligne rouge qu’il ne fallait pas traverser, la Mission a également tracé autour de Bangassou une ligne similaire que personne ne pourra plus franchir pour attaquer la ville ».

Signalons qu’au nombre des résolutions et engagements pris par les deux parties à l’issue des discutions, le déploiement prochain des Forces armées centrafricaines aux côtés des éléments de la MINUSCA basés dans la zone.

« Nous prenons tout au sérieux, et nous faisons notre possible pour gérer les problèmes à leur dimension réelle. », a rassuré, pour sa part, Général Balla Keita, Comforce de la MINUSCA qui confirme : « nous allons déployer des troupes nécessaires, en liaison avec les autorités centrafricaines. Les FACA sont en train de se préparer pour nous accompagner comme ils l’ont fait sur d’autres théâtres d’opérations comme Bocaranga ou encore Paoua », a confirmé le chef de la Force de la MINUSCA.

Parallèlement à cette initiative parlementaire qui correspond à s’y méprendre à une expression de ras-le-bol, les leaders religieux, à savoir Dieudonné Cardinal Nzalapainga, Archevêque de Centrafrique et l’Imam Omar Kobine Layama, Président de la Communauté islamique de Centrafrique ont été également rencontré le Patron de la MINUSCA pour attirer son attention sur la situation de Bangassou. A ce jour, la ville reste dans l’œil du cyclone.

A suivre…

Fred Krock

Source : abangui

abangui

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