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Centrafrique : « Les violences envers les femmes n’ont pas diminué » selon Inès Ouaby-Bekaï de l’AFJC

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BANGUI, 8 mars 2018(RJDH)—Dans une interview accordée au RJDH, Mme Ouaby Bekaï déplore l’inapplicabilité des textes adoptés dans l’arsenal juridique du pays qui portent les questions du relèvement de la femme. Elle déplore aussi les cas de violences qui constituent de l’obstacle à l’émancipation de la femme. Propos exprimés à l’occasion de la journée internationale du droit de la femme.

RJDH : Bonjour madame Inès Valérie Ouaby-Bekaï

Inès Valérie Ouaby-Bekai : Bonjour

RJDH : Vous êtes la Trésorière Générale de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique, le thème de cette année est consacrée au relèvement et à l’autonomisation de la femme, que vous inspire  ce thème ?

IVOB : Parlons de l’autonomisation des femmes, je pense que nous sommes encore en retard. C’est vrai que nous avons ratifié des traités internationaux concernant les femmes et nous les avions ratifiés dans nos arsenaux juridiques mais l’applicabilité pose problème.

RJDH : Quel bilan faites-vous du 8 mars 2017 au 8 mars 2018 ?

IVOB : Comme vous le savez, l’Association des Femmes Juristes œuvre pour les Droits de l’Homme en général et les Droits des femmes et enfants en particulier. L’AFJC a offert aux nombreuses victimes de Violences  Basées sur le Genre l’assistance juridique, pour celles qui n’ont pas les moyens financiers pour se procurer un avocat, l’AFJC avec l’appui de ses partenaires leur offre un avocat. Vous voyez le travail au niveau de  l’UMMIR, l’AFJC travaille en collaboration avec cette unité. Cela témoigne ce que fait l’AFJC.

RJDH : On a enregistré beaucoup de violences faites aux filles ces derniers temps, que faites-vous face à cela ?

IVOB : Je suis déçu que malgré les nombreuses sensibilisations que les ONG font, ces violences n’ont pas diminué. Nous avons  vraiment le regret. L’AFJC reçoit ces victimes, nous avons une clinique juridique ici, nous les conseillons et les orienter vers un médecin et vers un juge.

RJDH : Revenons sur le thème de cette année, pensez-vous que les femmes centrafricaines mesurent réellement l’importance de ce thème qui parle de l’autonomisation ?

IVOB : Je crois qu’il y a un problème dans ce pays, les femmes centrafricaines n’ont pas encore bien perçu ce qu’on appelle l’autonomisation financière de la femme. Chaque fois, quand il s’agit de la journée du 8 mars, les femmes préfèrent se faire belles et aller boire de l’alcool. Je pense que nous devons nous mettre ensemble pour débattre du problème de la femme, discuter de notre droit. Ce n’est pas encore le cas. J’espère que l’année prochaine, les femmes changeront et prendront conscience de leurs situations.

RJDH : Etes-vous optimiste ?

IVOB : Je suis vraiment optimiste en voyant les femmes  qui se sont mises dans les associations et les Organisations Non-Gouvernementales, je pense que l’année prochaine, nous démontreront le contraire.

RJDH : Cette autonomisation passe par la scolarisation de la jeune fille, que faites-vous dans ce sens ?

IVOB : Je pense que l’Association des Femmes Juristes aide les filles. Nous les conseillons, nous faisions souvent des descentes dans les établissements scolaires des filles où nous organisons des causeries-débats, nous conseillons ces filles de travailler, elles ont les mêmes droits que les hommes, leur place n’est pas seulement à la maison et à la cuisine.

RJDH : Madame Inès Valérie Ouaby-Bekaï, merci !

IVOB : Je vous remercie !

Source : rjdh.org

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