Des magistrats en colère après des « pressions » policières en Tunisie

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Lundi, des policiers en uniforme et en civil s’étaient rassemblés devant le tribunal de Ben Arous, dans la banlieue sud de la capitale tunisienne, pour soutenir cinq de leurs confrères interrogés par le Parquet après avoir été accusés de torture par un prévenu.

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Certains étaient venus dans leur voiture de fonction. Les agents ont scandé des slogans appelant à la libération des policiers, provoquant un tollé chez plusieurs organisations en Tunisie qui les ont accusés de porter atteinte à la bonne marche de la justice.

Les policiers interrogés, dont trois avaient été placés en détention provisoire, sont toujours sous le coup d’une enquête mais ont tous été libérés lundi soir selon le Parquet de Ben Arous.

« Les agents de l’ordre ne sont pas au-dessus de la loi (…). Nous sommes en train de construire un Etat démocratique, il faut que toutes les institutions se respectent », a déclaré à l’AFP la magistrate Basma Hamada devant le tribunal de Ben Arous, où avait lieu la manifestation.

L’Association des magistrats tunisiens avait décrété dans un communiqué que jeudi serait « un jour de colère » dans les tribunaux, au cours duquel toutes le audiences commenceraient avec deux heures de retard en signe de protestation.

Avocats et magistrats manifestaient jeudi en robe. « L’indépendance de la justice est une ligne rouge », ont-ils scandé.

« Ce qui s’est passé est une mascarade », a lancé le président de l’Association des jeunes avocats, Yassine Younsi. Lundi, les policiers « avaient garé leurs voitures devant le tribunal avec les gyrophares allumés (…), il était difficile pour nous d’entrer ».

Un membre d’un syndicat de police a démenti toute velléité de pression. « Comment aurions-nous pu faire pression sur la justice alors que nous étions en dehors du tribunal? », avait dit Nessim Rouissi sur la radio Shems FM.

L’activisme des syndicats de police, dont des représentants sont souvent invités sur les plateaux de télévision, fait régulièrement polémique en Tunisie, des organisations de la société civile les accusant d’ingérence dans les affaires politiques et judiciaires.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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