L’ONU dénonce les violences contre les journalistes au Soudan du Sud

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Des responsables sud-soudanais de la sécurité sont à l’origine de la majorité de ces incidents, vérifiés par la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) et le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme entre juillet 2016 et décembre 2017.

Selon David Shearer, le chef de la Minuss, s’exprimant lors d’une conférence de presse à Juba, ces incidents traduisent « une réduction de l’espace accordé au débat et à la dissidence ».

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L’ONU a indiqué avoir confirmé 60 incidents – sur 99 allégués – ayant affecté 102 personnes. Parmi celles-ci, deux ont été tuées, 58 arrêtées arbitrairement et 16 limogées, alors que l’ONU évoque aussi « des intimidations, des harcèlements et d’autres formes de violence ».

Neuf organisations médiatiques ont fait face à des restrictions, trois ont été fermées ou suspendues, quatre sites internet bloqués et huit articles censurés, selon la même source.

La grande majorité de ces incidents concernent des journalistes sud-soudanais, mais des correspondants étrangers ont également été visés. Une vingtaine de journalistes étrangers se sont par ailleurs vu refuser l’entrée dans le pays après avoir publié des articles que le gouvernement n’a pas appréciés.

« Ceux qui ont été visés étaient considérés comme critiques envers le gouvernement, et accusés de ternir la réputation du pays », a soutenu M. Shearer.

Deux ans et demi après son indépendance, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et a été marqué par des atrocités à caractère ethnique perpétrées contre des civils.

Critiqués pour la poursuite d’une lutte pour le pouvoir en dépit des souffrances de leur peuple, le gouvernement et les rebelles sont de plus en plus hostiles vis-à-vis des médias indépendants.

Les enquêteurs de l’ONU auteurs du rapport ont notamment été empêchés de voyager dans des zones tenues par des rebelles pour y vérifier certaines allégations. Dans les zones contrôlées par le gouvernement, les enquêteurs ont conclu que « deux-tiers des incidents vérifiés » sont imputables aux forces de sécurité (armée, police, renseignements).

Les services secrets sud-soudanais (NSS) ont été épinglés par l’ONU pour la surveillance et les arrestations de journalistes, ainsi que pour le déploiement d’agents au sein des rédactions pour censurer certains articles, selon Eugene Nindorera, chef du département Droits de l’homme de la Minuss.

En conséquence, les médias ont de plus en plus tendance à s’autocensurer, par peur de représailles, selon la même source.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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