Confiance retrouvée sur la liaison maritime Dakar-Ziguinchor

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Le 26 septembre 2002, le ferry sénégalais Le Joola, assurant la liaison Dakar-Ziguinchor, faisait naufrage aux larges de la Gambie, emportant près de 2.000 vies. Après une parenthèse de quelques années, la desserte vers la zone sud reprenait sous tutelle marocaine. Depuis 2008, les autorités ont de nouveau confié la gestion à des locaux.

Le bateau Aline Sitoe Diatta – reine de Cabrousse et héroïne de la Casamance durant l’époque coloniale – assure désormais la navette.

C’est un gros investissement qui a été consenti pour rétablir la liaison maritime Dakar-Ziguinchor et favoriser la destination Casamance. Présent sur la ligne depuis 2008, le capitaine Diallo est commandant de bord depuis 2014. Il assure à VOA Afrique de la fiabilité du navire.

« Avec la psychose au début, ce n’était pas facile. Mais maintenant avec le temps, les passagers se sont habitués, ont commencé à faire confiance à cette liaison, car tous les moyens de sécurité sont là », explique le capitaine.

« On a mis tous les moyens aussi bien dans la formation que dans le recrutement du personnel navigant. On a pris les marins les plus qualifiés au Sénégal. Tout ça, c’est pour assurer la sécurité qui existe actuellement dans le milieu marin », souligne-t-il.

Abdoulaye Mbaye voyage tous les quinze jours à bord du bateau, il le juge plus sûr que Le Joola.

« Sur le Aline Sitoé Diatta, non seulement nous avons la sécurité mais aussi le confort. C’est totalement différent de ce que nous avions sur le bateau ‘’Le Joola’’ parce qu’avant je me souviens bien que le billet est à 3.500 francs CFA et tu le prenais au quai du bateau ou à l’intérieur même pour ceux qui étaient en retard. Nous voyions que c’était pas du tout organisé ni sérieux », se souvient-il.

Le bateau est également sécurisé et escorté pour parer à toutes les éventualités notamment celle du terrorisme comme l’atteste le commandant Diallo sur VOA Afrique.

« La sécurité commence, déjà, au niveau de la billetterie. Il y a un système qui est ouvert, chaque voyage a un numéro, un nombre pour chaque navire qui a un nombre de places limité », confie-t-il.

« Si dans le système on atteint le nombre de places, le système se ferme et se bloque pour passer à un autre voyage », poursuit-il. « Le parcours est suivi depuis Dakar jusqu’à Ziguinchor. Il y a la marine nationale qui est avec nous et la base militaire Elinkine (commandos marins). Dans le fleuve, on est tout le temps accompagné et suivi durant les heures de manœuvres, d’appareillage, d’accostage, il y a toujours les vedettes de surveillance ».

Malgré le récent regain de violence en Casamance, les touristes continuent à affluer vers le sud du Sénégal. Baptiste est un jeune Français originaire de Bordeaux qui a choisi le bateau pour découvrir la verte Casamance.

Il juge le voyage plutôt convivial.

« En France, on a entendu ce qui s’est passé il y a pas longtemps mais ça nous a pas refroidi, on fait confiance à la sécurité sénégalaise, ça nous a pas fait peur pour venir », explique-t-il.

« Le voyage s’est bien passé. On a mis du temps pour les billets et pour enregistrer les bagages mais une fois sur le bateau il y a une bonne ambiance, les gens sont sympathiques, on a bien dormi, on a bien mangé et vraiment c’est très bien. J’ai hâte de découvrir la région, de rencontrer les gens, discuter avec eux et voir les beaux paysages », conclut-il.

Plus de quinze ans après le naufrage du Joola, la liaison maritime demeure primordiale pour le désenclavement de la Casamance.

Zone à fort potentiel touristique, le Sud compte principalement sur la liaison maritime pour relancer l’économie et le tourisme, ses deux poumons.

Seydina Aba Gueye, envoyé spécial à Ziguinchor

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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