Le gouvernement béninois veut traduire en justice des opposants

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« Le demande est parvenue au secrétariat particulier du président » du parlement jeudi, selon une source près du dossier.

Selon la constitution béninoise, le parlement doit suspendre l’immunité parlementaire des députés accusés par le procureur général, ainsi que voter au 2/3 la requête devant la Haute cour de justice d’un ancien ministre avant toute poursuite judiciaire.

La prochaine session du parlement béninois qui s’ouvre mi-avril devrait donc statuer sur la levée de l’immunité des députés Valentin Djenontin et Idrissou Bako, tous deux de l’opposition et proches de l’ancien président Boni Yayi, accusés de mauvaise gouvernance sous la précédente administration.

L’ancien ministre d’Etat chargé des finances Komi Koutché est, lui, dans le viseur de la justice dans une affaire de détention d’argent liquide.

La procédure contre ces trois hauts responsables est intervenue quelques jours seulement après le congrès de leur parti politique, où ils ont été élus à des postes de responsabilité, dont secrétaire exécutif du Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pour Valentin Djenontin.

Les opposants n’ont reçu « aucune notification officielle » des démarches du gouvernement, selon leur entourage. Mais des voix critiques s’élèvent déjà depuis l’annonce de la demande au parlement.

Gustave Assah, membre important de la société civile du Bénin, accuse le gouvernement de mener « une chasse aux sorcières » et estime que cette poursuite « prévue par les textes » n’est « pas prioritaire dans le contexte actuel du pays ».

« La demande de poursuite de l’ancien ministre Komi Koutché (…) ne pouvait rester sans soulever de polémiques », a déclaré un proche collaborateur de l’ancien ministre qui dénonce « une dose excessive de politique dans ce dossier judiciaire ».

Le Bénin a déjà connu plusieurs tentatives de levée d’immunité parlementaire de députés, mais aucune d’entre elles n’a pu aboutir à ce jour.

Patrice Talon bénéficie d’un fort soutien à l’Assemblée nationale mais le parlement avait créé la surprise en avril dernier en refusant d’examiner le projet de révision de constitution, l’un des projets phares du président.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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