L’Église catholique dénonce les atteintes à la démocratie en Tanzanie

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« Les activités politiques sont interdites par l’instrumentalisation des forces de l’ordre », écrit la Conférence des évêques catholiques de Tanzanie, qui a souvent été accusée ces derniers mois par l’opposition de rester silencieuse face à « la dérive dictatoriale » du président Magufuli.

« Les activités des partis politiques, tels que les rassemblements publics, les manifestations, les marches, les débats à l’intérieur de locaux, qui sont pourtant le droit de chaque citoyen, sont suspendus jusqu’aux prochaines élections », dénoncent ces évêques dans ce mandement de carême 2018.

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Dénonçant « des violations de la Constitution et des lois nationales », les prélats soulignent par ailleurs que « des médias sont fermés ou suspendus temporairement, restreignant ainsi le droit pour les citoyens, d’être informés, la liberté d’opinion et le droit d’expression ».

Les signataires font état d’un contexte favorable à « la division et à la haine susceptibles de mettre en péril la paix, la sécurité et la vie d’êtres humains ».

Ils pointent aussi du doigt les tensions qui continuent de marquer des élections partielles à différents niveaux. « Ces élections laissent un sentiment de colère, une soif de vengeance et un désintérêt pour d’autres élections », constatent-ils.

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« Si nous laissons perdurer ce climat, ne soyons pas étonnés de nous retrouver demain dans des conflits plus graves qui détruiront les fondements de la paix et de l’unité nationale », mettent encore en garde ces évêques.

L’Eglise catholique avait été critiquée pour son silence après la tentative d’assassinat ayant visé en septembre 2017 le député tanzanien Tundu Lissu, numéro deux de l’opposition au Parlement.

Atteint de plusieurs balles, Tundu Lissu, qui est également président de l’Ordre des avocats de son pays, est actuellement hospitalisé à Bruxelles, après des mois de soins intensifs au Kenya.

Bien que l’attentat ait été perpétré en plein jour, dans un quartier résidentiel gardé par les forces de l’ordre, aucun suspect n’a encore été arrêté à ce jour. Le parti du parlementaire, le Chadema, accuse le gouvernement d’être derrière l’attaque.

Surnommé « Tingatinga » (bulldozer en swahili), le président Magufuli a marqué les esprits depuis sa prise de fonctions fin 2015 en se montrant inflexible dans la lutte contre la corruption.

Mais son style peu consensuel et brutal lui vaut d’être qualifié d’autocrate et de populiste par ses détracteurs, alors que la liberté d’expression est de plus en plus réduite dans le pays.

Les meetings de partis d’opposition sont interdits, des journaux ont été fermés, et des journalistes et artistes molestés ou menacés de mort pour avoir critiqué la nouvelle administration.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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