Centrafrique : le peuple rend hommage aux ‘’Martyrs de 79’’

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18 janvier 1979- 18 janvier 2018, voilà 39 ans, jour pour jour qu’Elèves et Etudiants sont tombés sous les balles, sous l’ordre d’un Chef d’Etat, soit-il l’Empereur Jean Bedel Bokassa. A la place des Martyrs hier, ils étaient des milliers, mobilisés à travers les écoles de Bangui, puis de l’unique Université publique, ainsi que des établissements privés pour commémorer la mémoire de leurs aînés Martyrs de 1979. Le thème retenu pour cette commémoration est : « La jeunesse sa contribution dans le processus de consolidation de la paix et du vivre ensemble ».

A la tribune officielle, le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji qui a déposé des gerbes de fleurs sur le monument des Martyrs en présence du 2ème Vice-président de l’Assemblée nationale, Timoléon Baïkoua, des Membres du gouvernement, du président du Conseil national de la jeunesse et du Corps diplomatique, ainsi que des Représentants des victimes dont Dieudonné Salamatou.

Commémoration ! Oui, mais tout le panel des intervenants à la tribune de la 39ème Journée des martyrs table sur un ‘’droit de mémoire’’ et un ‘’moment de réflexion’’. Dans un discours de plus de vingt minutes, Junior Gonendji, Président de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA) qui a présidé le Comité d’organisation de l’édition 2018, a rapproché les douloureux événements de 1979 aux défis et obstacles auxquels est confrontée la jeunesse aujourd’hui.

Il a commencé par la demande d’une minute de silence avant s’interroger : « peut-on aujourd’hui, en toute intelligence, réduire tout cet épisode de l’histoire de la République centrafricaine à une simple question de chiffon, de tissu, de lutte contre le port d’un vêtement ? » La réponse, selon Junior Gonendji, c’est le sens courageux du combat mené par des jeunes, sans armes, mais qui ont pu changer le cours de l’histoire de leur pays à un moment aussi grave. Le parallélisme ainsi établi par le Président de l’ANECA, c’est l’invitation qu’il a lancée à la jeunesse de se mobiliser davantage pour sortir le pays dans la grave crise qu’il traverse depuis des années.

Lorsque Dieudonné Salamatou, le représentant des victimes de 79, a pris la parole, c’est pour replonger l’assistance au cœur des événements sanglants et terrifiants qu’eux, avaient affrontés les 17 et 18 janvier 1979. Mais, Salamatou n’est pas resté à n simple récit. D’ailleurs, très rapidement, il a survolé l’événement et son contexte pour s’adresser à la jeunesse centrafricaine actuelle. Tirant les leçons de la lutte de 1979, il a appelé les jeunes aux valeurs de l’Unité, de Dignité et de Travail qui constituent la devise de la République centrafricaine. Pour lui, les Etudiants et Elèves qui manifestaient ne connaissent pas de discrimination ethnique, la division, le pillage des biens communs et privés…

C’est du moins les mêmes observations que le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji a relevées dans son intervention. Au-delà du « devoir de mémoire », le PM a manifestement regretté que la jeunesse, 39 ans après le sacrifice consenti par leurs ainés de 79 n’ait pu valablement prendre la mesure, afin de garantir un avenir radieux à la génération future. Allusion faite ainsi à l’œuvre destructrice de la jeunesse aujourd’hui qui, selon le Chef du gouvernement, est prête à tout casser à la moindre occasion. A en croire Sarandji, les jeunes centrafricains aujourd’hui, porteraient des « dieux de la destruction de leurs gènes ». Sur ce, le PM a lancé un appel à a jeunesse de ne pas céder à la violence ; mais plutôt d’œuvrer pour la paix et la cohésion sociale, dans l’amour de l’autre et de la patrie.

Seulement, en de pareilles occasions, la jeunesse attend des engagements ou de grandes décisions pour améliorer les conditions de vie de la jeunesse. Malheureusement, Sarandji s’est contenté de narguer les jeunes, au point de reconnaitre lui-même qu’il n’était pas en train de lancer de « vindicte » sur la jeunesse. Alors que la jeunesse centrafricaine aujourd’hui est en proie au chômage qui l’expose à la manipulation, au pillage, au braquage et autres comportements antisociaux…

Pour mémoire, la Journée des Martyrs a été instituée sous le régime du défunt ancien Président Ange Félix Patassé qui, pour immortaliser les Elèves et Etudiants qui étaient tombés sous les balles de la garde de l’Empereur Jean Bebel Bokassa 1er, avait décidé d’ériger un monument au nom des Martyrs au rond-point du lycée qui porte le même nom des Martyrs.

Cette Journée 18 Janvier qui célébrée officiellement chaque année donne l’occasion à la Jeunesse centrafricaine toute entière et plus particulièrement aux Elèves et Etudiants de se retrouver et de débattre plusieurs sujets qui touchent aux conditions de vie et à l’avenir de la Jeunesse centrafricaine. Prennent part également à ces festivités du 18 janvier, les parents des Martyrs et les Anciens Elèves et Etudiants rescapés des évènements de 1978 connu sous l’appellation de : « Guerre aux cailloux » qui avaient fait plusieurs dizaines de morts parmi les Elèves et les Etudiants.

Notons qu’à l’issue de la cérémonie officielle commémorative, le Premier ministre, à la tête des officiels, a déposé des gerbes de fleurs sur le monument des Martyrs. Soulignons également que cette commémoration s’st faite également dans certaines villes à l’intérieur du pays.

Source : abangui

abangui

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