En Centrafrique, amertume après le non-lieu des soldats français

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La décision de la justice française était très attendue. Les soldats français accusés de viols en Centrafrique ne seront pas mis en examen. Plus de 3 ans après, un non-lieu a été requis par les juges. Une décision au goût amère pour les victimes présumées.

« Depuis hier, avec ce que j’ai appris, je ne suis pas bien. Ma nièce ne peut pas se balader. Tout le monde l’appelle la femme des Sangaris. J’ai pensé qu’il y’aurait une bonne suite judiciaire. Mais rien du tout. Je suis triste et je ne crois pas à ce non-lieu. » A des milliers de kilomètres de Paris, la décision fait mal. Solange est triste pour sa nièce.

La décision de la cour d’appel de Paris concerne une enquête lancée après les témoignages de jeunes garçons qui auraient été abusés. Mais des filles aussi pourraient avoir été victimes des soldats français à l’époque.

Les actes des Sangaris, tout le monde les connait. Ils sont venus abuser sexuellement de nos enfants. Bon, là, la justice nous demande de prouver quoi d’autre ?

Solange, tante d’une victime présumée

« On dit aux victimes d’aller se faire foutre »

Quand l’affaire est sortie, en 2015, les témoignages des enfants comportaient des détails très précis sur les soldats qui les auraient agressés sexuellement en échange de nourriture. Ils pouvaient donner leurs surnoms, et détailler les tatouages qu’ils arboraient… Mais cela n’est pas suffisant pour la justice française. De quoi mettre en colère les défenseurs des droits des enfants en Centrafrique : « c’est une manière de dire tout simplement aux victimes d’aller se faire foutre et qu’on n’a rien à dire là-dessus, estime Rémy Djamouss de l’Association pour les droits de l’enfant en Centrafrique. Si vous voulez pleurer, vous n’avez qu’à pleurer et moi vraiment je suis déçu de cette décision. Je suis aussi complexé et déçu du gouvernement qui ne réagit pas. »

La justice française a estimé que rien ne permettait de dire si les soldats accusés avaient commis ou non des viols sur ces enfants. La variation des témoignages, précise la cour d’appel, « ne permet pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires ».

Source : abangui

abangui

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