Les Burundais face aux drogues

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Burundi Association of People Who Used Drugs a été agréé l’année dernière pour combattre la consommation de ces drogues. Elle compte des centaines de membres qui se donnent quotidiennement pour mission d’éduquer cette jeunesse.

Alain est un jeune Burundais qui consomme la drogue depuis plus de dix ans. Agé de vingt six ans et habitant un quartier de la capitale Bujumbura, il lui a été vraiment difficile de se défaire de la consommation de la cocaïne.

Mais depuis les fêtes de fin d’année, il ne consomme plus de drogue. Mais il explique a VOA Afrique combien il est dur d’abandonner.

« Ça a commencé avec les problèmes de la vie. Au départ, on croit que c’est une bonne chose. Mais je vous dis moi que c’est vraiment une très mauvaise chose. Il ne faut jamais goûter », raconte-il.

Sortir de l’addiction

Alain aime la musique qui, pour lui, est devenue un remède à la drogue avec la pratique de l’Ikembe traditionnel.

« Je dirais la musique, l’art en général, ça peut aider, c’est une bonne occupation. Cela aide à penser à autre chose, tu oublies un peu la drogue ».

Richard Nininahazwe est coordonnateur de l’association burundaise qui œuvre sur toute l’étendue de la République du Burundi pour la réhabilitation et la réinsertion des usagers de drogues.

Il reconnaît qu’il a des milliers de Burundais qui prennent de la drogue, surtout des jeunes. Richard a pris toutes les sortes de drogues douces et dures mais il a aujourd’hui abandonné cette pratique et a déjà fondé une famille.

« Il y a beaucoup de jeunes qui prennent de l’héroïne. Le cannabis, c’est plus soft mais l’héroïne ça prend une ampleur grave. J’ai gravi tous les échelons. J’ai commencé par le cannabis, puis j’ai mélangé par les cachets ca veut dire les pilules, après les pilules j’ai mélangé le cannabis avec le tabac et l’héroïne puis j’ai pris l’héroïne à part et puis j’ai commencé à m’injecter. Je connais ce monde de la drogue au Burundi », se rappelle Richard.

Dans cette association de lutte contre la drogue, 643 consomment de l’héroïne. Parmi ces jeunes, 225 sont usagers de drogues injectables, selon une étude qui a été réalisée il y a quelques mois. Mais le chiffre peut avoir évolué selon l’étude menée par l’alliance burundaise contre les drogues en collaboration avec le ministère de la Santé.

Sur 175 personnes en mairie de Bujumbura qui utilisent les drogues injectables, le taux de prévalence du VIH SIDA était de 10.2%, dix fois plus que le taux de 1.4 % pour le taux des gens qui vivent avec le VIH en mairie de Bujumbura.

« Il faut dépénaliser certaines drogues »

Pour Richard Nininahazwe, le combat est de longue haleine. Le charge de plaidoyer et des renforcements des capacités institutionnelles à cette association de lutte contre l’usage des drogues au Burundi estime qu’il faut dépénaliser l’usage de certaines drogues.

Pour Eric Nsengiyumva, « il faut que ces enfants sachent que ce sont des produits toxiques. C’es un bon moment d’arrêter ça. Aux parents je parle de l’approchement et de la stigmatisation. Les enfants sont parfois victimes de la stigmatisation. Il faut que les parents comprennent ces enfants. Par contre, il faut avoir recours aux psychologues, aux experts, aux médecins et surtout il faut que les autorités dépénalisent certaines drogues ».

Selon des spécialistes, les parents peuvent empêcher les enfants de consommer de la drogue en leur parlant ouvertement des risques encourus avec la consommation de tels produits, et aider ainsi les enfants à sortir de cette situation.

Les mêmes spécialistes appellent également les autorités à punir sévèrement les trafiquants de drogues.

Christophe Nkurunziza, correspondant à Bujumbura

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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