Centrafrique : Les déplacés à Paoua refusent leur installation sur les sites

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PAOUA, 15 Janvier 2018 (RJDH)— Les déplacés regroupés dans la ville de Paoua, dans l’Ouham Pendé s’opposent à la création d’un site en leur faveur. Ils demandent la sécurisation de leurs communes respectives avant d’y retourner. Propos tenus lors d’une rencontre avec la Ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation Nationale, Virginie Mbaïkoua.

Près de trois semaines après les violents combats entre les éléments de la Révolution Justice (RJ) et du Mouvement National pour la Libération de la République centrafricaine du Ahmat Bahar, plus de 65.000 déplacés sont arrivés dans la ville de Paoua dont la plupart sont logées dans des familles d’accueil. Un site devrait être construit pour les regrouper mais ceux-ci s’y opposent et réclament plutôt la sécurisation de leurs localités par la Minusca afin de permettre leur retour.

Les déplacés enregistrés, viennent de plusieurs villages répartis dans cinq (5) communes que sont Mia-Pendé, Bah-Bessar, Nana-Baria, Banh et Malé.

Quelques chefs de ménages interrogés par le RJDH ne cachent pas leurs intentions. «La Minusca a fait un effort pour limiter les effets pervers des violences. Maintenant il est question de sécuriser nos communes afin de permettre notre retour. Nous avons nos champs et c’est la période des récoltes», a souligné Bernard, visiblement remonté à cause de cette situation qui handicape ses affaires.

«Ici dans l’Ouham Pendé, nous sommes éduqués à nous prendre en charge nous-mêmes. Pas question d’assistanat. Nous ne voulons pas de site car, cela va nous maintenir longtemps ici. Moi, j’ai mes champs de riz, de sésame etc. Ce n’est pas à cause des vivres qu’on est là mais juste pour sauver notre vie. Retourner à Bémal, c’est ma priorité », a soutenu une mère de 10 enfants avec lesquels elle est accueillie dans une famille.

La ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation nationale, Virginie Mbaïkoua, trouve que le gouvernement et la coordination des affaires humanitaires ne pourront pas aller à l’encontre de la volonté des déplacés. «Nous devons les accompagner et les assister en tenant compte de leur vœu. C’est ce que l’on s’est dit. Ici l’assistanat ne figure pas dans la culture des gens et chacun se bat pour prendre en charge sa famille», a-t-elle souligné.

Joseph Inganji, Chef de bureau de Ocha plaide pour que la Minusca sécurise les communes afin de permettre aux déplacés de retourner chez eux. «Je lance cet appel à tous les acteurs y compris la Minusca pour tout mettre en œuvre afin de permettre aux déplacés de rentrer chez eux», a-t-il confié au RJDH, lors de la mission dans la ville de Paoua.

Plusieurs notables de la localité rencontrés ont rappelé que si la Minusca a réussi à libérer Bocaranga, ville sise dans la même préfecture, c’est qu’elle peut répliquer la même chose à Paoua notamment chasser les groupes armés basés dans la région.

L’espace retenu pour la construction du site est nettoyé mais reste encore vide. Aucun abri n’y est encore construit à ce jour, sauf le local que l’ONG MSF a bâti pour les soins médicaux.

Source : RDJH

RDJH

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