Le vice-président libérien Boakai: l’ultime chance d’un pugnace

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Perçu au départ comme l’héritier naturel de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, il a pris pendant la campagne ses distances avec la Prix Nobel de la paix 2011… qui de son côté ne l’a pas soutenu.

A 72 ans, « Sleepy Joe » (Joe le dormeur), comme on le surnomme parfois pour sa propension à l’assoupissement pendant des cérémonies publiques, est sorti de l’ombre de la présidente sortante, avec laquelle il a été élu sur un « ticket » en 2005 puis réélu en 2011.

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En réalité, les commentateurs politiques estiment que M. Boakai lui-même a cherché à se démarquer de la partie la plus contestée du bilan de l’administration sortante, notamment les difficultés économiques vécues par la grande majorité des Libériens et les accusations de corruption, voire de népotisme.

« Avec toutes nos ressources, notre potentiel agricole et minier, nous ne devrions pas être dépendants de l’aide étrangère », a-t-il asséné.

Après avoir accusé 10 points de retard sur George Weah lors du premier tour, le 10 octobre, Joseph Boakai a concentré son action sur le volet juridique.

Dénonçant des « fraudes et irrégularités » lors des opérations de vote, il a soutenu jusqu’au bout les recours du candidat arrivé en troisième position, Charles Brumskine, devant la Commission électorale nationale (NEC) puis devant la Cour suprême.

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Ces procédures ont entraîné le report, du 7 novembre au 26 décembre, du second tour du scrutin. Mais la dernière tentative du parti de Joseph Boakai de repousser à 2018 la tenue de l’élection a été rejetée jeudi dernier, obligeant le candidat à retourner sur le terrain politique.

Il a mis en garde la jeunesse contre « l’erreur » que constituerait un vote pour George Weah, affirmant que l’ancien joueur devenu sénateur n’avait « jamais levé la main pour prendre la parole » lorsqu’il présidait une séance du Sénat. « C’est qu’il dormait », a répliqué dans les médias locaux l’ex-attaquant du PSG.

Issu, comme George Weah, de la population « autochtone », et non de l’élite « américano-libérienne » descendante d’esclaves affranchis qui domine le pays depuis sa création, il parle, outre l’anglais, deux langues locales, le kissi et le mende.

Originaire d’un village reculé de la province de Lofa (nord), frontalière de la Guinée et souvent présentée comme le « grenier à blé du pays », il a été ministre de l’Agriculture de 1983 à 1985 sous Samuel Doe, à ce jour le seul président à ne pas appartenir à la minorité « américano-libérienne ».

‘Des routes, des routes’

En réponse aux interrogations sur ce qu’il pourrait apporter de neuf, après douze ans au pouvoir, il s’est comparé pendant un débat entre candidats pour le premier tour à « une voiture de course laissée au garage », qui ne peut donner toute sa mesure que sur la piste.

L’un de ses adversaires lui avait fait remarquer qu' »après 12 ans au garage sans bouger, les pièces d’une voiture de course vieillissent, rouillent et ne fonctionnent plus », la rendant « incapable de rivaliser avec les modèles plus récents ».

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Mais Joseph Boakai entend montrer à tous qu’il n’est pas encore bon pour la casse et peut perpétuer pour un nouveau mandat de six ans le règne du Unity Party (UP, Parti de l’unité).

« Des routes, des routes, des routes », martèle celui qui se décrit comme un homme d’origine modeste désireux de « rendre au pays ce qu’il lui a donné » et a axé son programme sur les réseaux de transport, pour désenclaver l’ensemble des régions.

Selon sa biographie officielle, il a déjà, à titre personnel, financé à 75% la construction d’une route de 10 km dans sa localité natale et participé à la construction d’une école, d’une clinique et d’un projet d’électrification rurale dans la région.

Titulaire d’un diplôme de gestion, il est marié depuis 45 ans et père de quatre enfants.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

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