La presse privée absente des kiosques faute de papier en Mauritanie

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« Depuis le 11 décembre, l’imprimerie nationale a décidé de suspendre l’impression des journaux de la presse indépendante mauritanienne au motif de rupture de son stock de papier », affirme le Regroupement de la presse mauritanienne (RPM), principal syndicat dans la presse privée, dans un communiqué.

Vingt trois organes privés, dont sept quotidiens, ne sont depuis lors pas parus, selon le RPM qui constate que « les journaux publics, Chaab et Horizon (deux quotidiens en arabe et en français), sont régulièrement et normalement édités ».

« La crise de papier est tout à fait passagère » et une livraison à l’imprimerie nationale est attendue incessamment, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche de l’unité d’impression qui relève du ministère en charge de la Communication.

Aucune précision n’a été apportée sur l’origine de la pénurie de papier.

L’imprimerie nationale prend en charge sur financement de l’Etat les deux-tiers du coût d’impression de la presse privée, supportée par un fonds public dédié à l’appui à la presse d’un montant de 200 millions d’ouguiyas (455.000 euros environ).

Le RPM accuse les autorités de chercher « volontairement à limiter la diffusion de l’information aux seuls organes de l’Etat ».

Il exige « le rétablissement immédiat de l’impression de la presse privée » et invite les autorités à « se ressaisir devant le rétrécissement manifeste de l’expression des libertés et de la démocratie dans le pays ».

La non parution « fait subir à la presse des pertes énormes dans un environnement où l’Etat n’accorde pas de publicité » aux organes privés, a affirmé le président du RPM, Moussa Samba Sy.

Par ailleurs, le RPM établit un lien entre la non-parution des journaux privés et la fermeture des télévisions privées.

Les émissions de cinq télévisions privées mauritaniennes étaient suspendues depuis fin octobre à la suite d’un différend financier avec Télédiffusion de Mauritanie (TDM), l’organe public mauritanien qui assure leur retransmission sur satellite et leur exige le paiement de redevances.

Une de ces télévisions, « Al-Mourabitoune », a obtenu un accord avec TDM qui lui a permis de reprendre ses émissions mercredi.

Avec AFP

Source : VOAAfrique

VOAAfrique

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