Centrafrique : Le paiement de deux mois de salaire attendus reste conditionné par le Trésor public

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BANGUI, Le paiement des deux mois de salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat annoncé pour le mois de décembre par Faustin Archange Touadera serait-il un leurre car les ayants droits ont seulement perçu un mois sur les deux arriérés promis? Le Trésor public justifie cela par des formalités à remplir au préalable, formalités diversement appréciées.

Il s’agit du paiement d’un mois d’arriéré de salaire en sus du mois de décembre 2017, le second devant être payé avec le mois de Janvier 2018. Ces arriérés de salaire concernent les mois de Novembre et Décembre 2013, arriérés laissés par le régime Djotodia et ce paiement se fait par pur respect du principe de la continuité de l’Etat. L’annonce de paiement en a été faite par le président Faustin Archange Touadera lors d’un récent discours après la revue du FMI. Elle intervient un mois après un contrôle de vérification effectué par le Trésor en collaboration avec l’Office National d’Informatique (ONI).

Pour prétendre au paiement de ces deux mois d’arriérés de salaire, les fonctionnaires et agents de l’Etat étaient invités à présenter une copie de leur Bon de caisse et leur copie de la carte d’identité avant le virement desdits mois d’arriérés sur leur compte bancaire.

Les fonctionnaires se sont précipités et ont pris d’assaut le Trésor public le mercredi dernier pour espérer rentrer dans leurs droits. Quelle ne fut pas leur déception d’apprendre qu’ils doivent encore se soumettre au même exercice ! Certains agents de l’Etat rencontrés par le RJDH parlent d’un désordre organisé. «Pour moi, c’est paradoxal car le gouvernement avait promis deux mois mais actuellement le salaire normal de décembre 2017 est en train d’être payé dans les banques mais pourquoi ne pas en faire autant pour ce mois d’arriéré annoncé?» Les gens se bousculent dans les banques mais le mois d’arriéré est soumis à des conditionnalités. Au regard de tout ce désordre, nous attendons depuis hier sous le soleil ardent sans résultat. Je suis vraiment navré et ce n’est pas possible», a décrié ce fonctionnaire sous l’anonymat.

Dans le lot de ces fonctionnaires et agents de l’Etat on retrouve des retraités qui font la queue pour percevoir leur pension de retraite et qui ne supportent pas le brassage fonctionnaires/retraités. Un retraité souhaite un travail décentralisé. «Nous ne sommes pas servis au niveau de toutes les banques, je ne sais pas pourquoi on nous fait marcher de telle sorte. Le Trésor devrait mieux s’organiser pour nous servir différemment mais là, les fonctionnaires et les retraités sont tous ici sous le soleil depuis 6 heures du matin» a-t-il déploré.

Des sources proches du Trésor trouvent normales ces conditionnalités. « Pour tout ce qui est du mouvement de fonds, il faut remplir des conditions administratives pour éviter la déperdition de fonds ou dysfonctionnements dans l’envoi des fonds dans les banques. Donc, il faut avoir son numéro de compte bancaire, sa carte d’identité, se présenter devant le contrôleur, remplir une fiche et c’est à la base de cette fiche qu’on va valider l’arriéré ». « Que les gens soient patients et tolérants car l’argent ne peut pas sortir du Trésor sans contrôle pour aller dans les banques. Si on fait le travail dans la précipitation, cela va engendrer des conséquences désastreuses. Donc, il faut se soumettre à ces conditionnalités », a expliqué une dame dans le couloir du Trésor et qui a requis l’anonymat.

Selon le ministère des Finances et du Budget qui confirme ces conditionnalités, pour les fonctionnaires absents du territoire, la direction générale du trésor public procédera au règlement de leurs arriérés dès que les formalités seront terminées et faites par les intéressés.

Le gouvernement justifie ces conditionnalités par la volonté de l’Etat de maitriser la masse salariale et aussi de satisfaire aux exigences des partenaires financiers du pays tels les institutions de Bretton Woods notamment la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI).

Source : abangui

abangui

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