Centrafrique : pouvoir et influence, Sani Yalo mène la bonne guerre du positionnement au sein des Fatistes…

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« Pour occuper un rang dans le monde, il faut savoir exercer de l’influence ou en subir ». Disait Jean Napoléon Vernier. Au sein du cercle présidentiel de Bangui, il y’a ceux qui croient que la véritable puissance dans ce monde, ce n’est pas l’autorité, mais plutôt, l’influence. C’est le cas du sulfureux Sani Yalo, PCA actuel du BARC, qui, pourtant, n’occupe pas un poste d’autorité au sein du pouvoir de Touadéra, mais influence grandement le jeu présidentiel.
Si l’autorité est un torrent et l’influence, un ruisseau comme l’affirme Alexandre Vinet, le mélange des deux pourrait précipiter le cours. Monsieur Sani Yalo, l’homme qui a son actif, une trentaine d’années d’expérience au sein des différents pouvoirs successifs dans le pays et des mois de prison pour s’en séparer, sait comment manipuler les nouveaux dirigeants une fois arrivés au pouvoir. Avec une facilité décontractée, il a désormais sous son influence, le président Faustin Archange Touadéra et son ami Simplice Mathieu SARANDJI, Premier ministre.
D’après nos informations, peu après l’investiture du président Touadéra, Sani Yalo avait cogné toutes les portes d’entrée chez Touadéra pour être à la tête du Département des Transports et de Surface dans le premier gouvernement du géographe du quartier d’Asecna Sarandji. Peine perdue due au faible taux de son influence. Pour se faire voir et bien influencer, il a mis la main à la poche pour offrir au Chef de l’État, un véhicule 4X4 tout confort et blindé.

Il n’a pas s’arrêté là, non plus. Avec le peu d’économie réalisé sur l’achat du véhicule, il a décidé de doter sa femme en invitant la Tortue de Damara Faustin Archange Touadéra à honorer de sa présence. Chose faite avec succès. Premier test de son influence réussi.

Ensuite, il a décidé de rassembler et former des griots propres au président Touadéra nommés des « Touadérarteurs ». Deuxième test, OK. C’est à partir de ce moment-là qu’il a pu, d’après nos informations, asseoir définitivement son influence au sein du cercle Toaudéra et en a profité pour placer bon nombre de ses pions au sommet du pouvoir pour ne s’occuper, à la clé, que des recettes et dépenses du Département des Transports.

« Le signalement, la prévention des menaces et la détection des mouvements hostiles à la sécurité intérieure et extérieure sont en grande partie inhérents au département des transports. Sans omettre les contrebandes et la circulation non contrôlée, des matières premières, dont les taxes et autres droits, manquent cruellement à la caisse de l’État. Pour assurer toutes ces missions, qui mieux que SANI YALO… ?» Avait écrit à la gloire de Sani Yalo un blogueur afin d’embellir sa fonction et lui tailler plus de responsabilités. Mais l’homme sait faire autrement pour se positionner au second rang, après Arthur Piri, dans le cercle de Touadéra. Pratique d’influence tout court.

Et après … ?

Et après, quand l’argent précède, toutes les portes s’ouvrent. D’après nos informations, c’est le sieur Sani Yalo qui gère l’ensemble du personnel de l’immeuble Pétroca qui abrite la Primature et certains ministères. Grâce à sa collaboration avec Arthur Piri, il influe dangereusement toutes les décisions du Premier ministre. Et de l’immeuble « Pétroca », il fait tordre les cuillères à tous les ministres de la République de loin.

Au ministère des Affaires étrangères, il gère directement les Centrafricains de l’Étranger sans passer le ministre Doubane. Il a déjà institué, l’Association des Centrafricains de France, prochaine étape, celle de l’Afrique du Nord et de l’Afrique de l’Ouest.

Au ministère de la Jeunesse et des Sports, c’est lui le patron des infrastructures sportives. Il planifie et impose ses réunions politiques comme il l’entend. Le DG de l’ONASPORT n’est qu’un figurant.

Au ministère de la Justice, il cogère le Parquet général. Un fin connaisseur centrafricain affirme que les mains de Sani Yalo sont pleinement imbibées dans les deux affaires des fameux coups d’État contre le pouvoir du président Touadéra dans lesquelles l’opposant déclaré au régime de son maître Anicet Georges Dologuélé et le Président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA ont été faussement accusés.

À la Cour Constitutionnelle, avec certains membres du cercle des Touadérarteurs, ils suivent avec une attention particulière les gesticulations de Madame Danielle Darlan la présidente de la Cour. D’après nos informations, ils l’accusent de trop faire le jeu du président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA. Pour mieux la perturber, Sani Yalo tacle, en « demande imagée » et personne interposée, Madame Danielle Darlan. Avec certains journalistes, ils manipulent le bon sens de la présidente. Coup réussi, puisque Madame Darlan se perd déjà en conjecture et commence à délirer. Elle accuse sans retenue, certains journalistes à Bangui.

Au ministère de la Communication, Sani Yalo influe. À travers son porte-monnaie, les journaux de la place ne peuvent s’empêcher de faire sa gloire. Un pacte de non-agression avec Touadéra a été signé avec certains journaux de la place.

Le voilà au ministère des Poste et Télécommunication. Aux dernières nouvelles, l’homme avide le poste du Directeur général de l’agence de régulation de télécommunications (ART) qu’il souhaite le remplacer à un de ses pions.

Mais, à quoi sert finalement à Sani Yalo ce jeu d’influence s’il ne souhaite pas se positionner quelque part ?

Rappelant que Sani Yalo est l’homme qui gérait avec le feu Dogonendji Bhé, la société Zongo-Oil de Patassé Félix. Une fois s’évadé de la prison de Patassé, il a juré d’œuvrer pour sa chute.

Pour mémoire, Sani Yalo et son frère cadet Amadou Danzoumi YALO sont les neveux du général tchadien Daoud Soumain qui a combattu militairement Ange Felix Patassé sur ordre d’Idriss Deby pour installer François Bozizé au pouvoir en 2003. Grâce aux efforts de leur cousin, son frère cadet, Amadou Danzoumi YALO, a porté le galon de colonel durant tout le règne de Bozizé alors qu’il n’a jamais mis les pieds dans le moindre centre de formation militaire. À la veille de la chute de Bozizé, lui et son frère Danzoumi alias « Colonel DAZ » s’étaient retrouvés à la tête d’une faction de la séléka pour aller procéder à des pillages de voitures et de divers biens des sociétés CFAO, Orange Centrafrique et au domicile du nommé Marboua. Tous ces vols et braquages ont été estimés par le parquet de Bangui à plus de 15 milliards de F CFA.

Aujourd’hui, il est avec Touadéra. Pour combien de temps avant que la prison les sépare ?

D’ici peu de temps d’après certains conseillers du président Touadéra. Pour ces conseillers, moralement, Sani Yalo est déjà en prison suite aux rapports accablants de l’inspection générale d’État sur sa gestion à la tête du BARC

Affaire à suivre.

Source : abangui

abangui

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