La RCA, six noms pour un Etat failli

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L’ancien journaliste au « Monde » Jean-Pierre Tuquoi retrace l’histoire, tragique et absurde, de la République centrafricaine. Une nation peut-elle être condamnée à l’échec, victime d’une maladie originelle en apparence incurable ? Le premier mérite de Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, est de rappeler que le mal centrafricain ne relève pas d’une fatalité. Illustration caricaturale d’Etat failli, la République centrafricaine, dont le nom a changé à six reprises, évoque un point géographique et non une histoire. Peut-être parce que cette dernière est trop tragique, trop absurde.

Terre bénie des prédateurs, en premier lieu des sultans esclavagistes venus du nord, l’Oubangui-Chari fut une création de la France, lancée à la fin du XIXe siècle à la conquête du « dernier blanc » sur la carte de l’Afrique. La puissance coloniale s’y comporta très vite de la manière la plus brutale – ses missions pour rallier les rives de l’Oubangui à celles du lac Tchad firent une hécatombe parmi les populations –, avant de céder la gestion de cette « Cendrillon » de l’Empire, trop peu rentable, à des sociétés concessionnaires, dont la plus importante se vit attribuer un territoire deux fois plus grand que l’Irlande.

Le discours prononcé en 1885 par Georges Clemenceau fut à cet égard visionnaire, qui déniait « le droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures ». « Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence, l’hypocrisie », déclarait-il.

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Source : Africatime

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