Centrafrique : les tensions intercommunautaires ressurgies après de nouvelles violences à Bangui

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Les tensions entre les communautés chrétienne et musulmane de la capitale centrafricaine Bangui ont ressurgi suite à de multiples attaques y survenues depuis samedi, mettant en question les efforts du gouvernement centrafricain et de la communauté internationale à encourager la cohésion sociale, a constaté dimanche sur place un correspondant de Xinhua.

Samedi soir entre 19h et 20h heures locales, deux assaillants non identifiés sur une moto ont largué une grenade dans un cabaret à Km5, un quartier à Bangui dont les habitants sont majoritairement musulmans, lors qu’un concert d’un célèbre artiste centrafricain se déroulait. Le bilan fait état d’au moins quatre morts et vingt-et-un blessés, dont quatre en état critique, selon des sources hospitalières jointes par Xinhua.

Il s’agit d’un concert de cohésion sociale, organisé par des jeunes des deux communautés, chrétienne et musulmane, visant à promouvoir le revivre-ensemble et à encourager les personnes déplacées à retourner chez elles. Avant le concert, ces jeunes citoyens avaient désherbé autour d’une mosquée située dans les parages de Km5 qui avait été détruite lors de la crise à Bangui.

Une enquête est ouverte par le ministre de la Sécurité publique pour faire la lumière sur les responsabilités.

Condamné vivement dimanche par le Premier ministre centrafricain Simplice-Mathieu Sarandji, cet acte criminel, qui avait touché à la fois des familles musulmanes et chrétiennes, ont fait ressurgir les tensions inter-communautaires à Bangui, qui a vécu jusqu’ici une accalmie de violence depuis près d’un an.

En représailles à ce qui est arrivé, des musulmans s’en prennent à l’arme blanche à des chrétiens qui se sont rendus au Km5 pour faire des emplettes. Les corps jonchent encore le sol. Du côté des chrétiens, ils attaquent les jeunes musulmans pilotes de taxi-moto qui s’aventurent dans leur secteur. Les corps de ces jeunes sont entreposés à la mosquée Ali Babolo, au cœur même du Km5.

Les tirs à l’arme automatique au Km5, depuis la matinée de ce dimanche jusqu’en milieu de journée, ont forcé des familles des quartiers environnants à décamper, avec des baluchons sur la tête ou dans des pousses-pousses.

Face au regain de tuerie, M. Sarandji a appelé dimanche les parties à l’apaisement, mettant en garde « ceux qui prétendent défendre le peuple », allusion faite aux « fauteurs de troubles qui sont prêts pour bondir sur de situations pareilles et entretenir le chaos dans le pays ».

M. Sarandji a également présenté aux familles des personnes décédées les condoléances du gouvernement, tout en instruisant le ministre de la Santé pour que des soins appropriés soient administrés aux blessés.

Source : Africatime

Africatime

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