Présidentielle : les mauritaniens aux urnes pour élire le successeur d’Abdelaziz

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Le président sortant Mohamed Oul Abdelaziz et son épouse Mariem Mint Ahmed, ont accomplit leur devoir civique dans un bureau de vote de Nouakchott.

Les mauritaniens votent ce samedi 22 juin pour élire un nouveau président qui succédera à Mohamed Ould Abdelaziz, arrivé aux termes de ses deux mandats constitutionnels. Six candidats sont en lice pour ce scrutin inédit qui va permettre au pays d’ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec une alternance que beaucoup estiment jouée d’avance, au profit de Mohamed Ould Ghazouani, le dauphin du président sortant.

C’est jour de vote en Mauritanie. Ce samedi 22 juin, plus d’un million et demi d’électeurs sont attendus dans les 3.862 bureaux de vote installés sur l’ensemble du pays, afin d’élire un nouveau président. Les électeurs ont commencé à affluer très tôt dans les bureaux de vote. A Nouakchott, la capitale, où le président sortant, Mohammed Ould Abdelaziz, a accompli son devoir civique en compagnie de son épouse, les bureaux ont ouverts à 7h00 GMT, conformément à l’horaire fixé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Selon cette dernière, toutes les dispositions sont prises pour que les opérations électorales se déroulent normalement. Les bureaux vont fermer à 19H00 GMT, et jusqu’en milieu de journée, aucun incident majeur n’a été rapporté par les médias locaux ou les 100 observateurs internationaux accrédités pour ce scrutin assez inédit dans le pays.

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Alternance démocratique

Arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, le président sortant Mohamed Ould Abdelaziz a décidé de ne pas se représenter pour un nouveau mandat malgré la révision de la Constitution qu’il a initié en 2017. L’ancien général arrivé au pouvoir après un coup d’État en 2008, avant de se faire élire président en 2009 et en 2014, a donc décidé de passer le témoin. Le pays qui est abonné à l’instabilité politique et aux coups d’Etat entre 1978 et 2008, va ainsi ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec cette alternance démocratique qui se profile à l’issue de cette élection présidentielle.

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Ils sont six candidats en lice pour la succession d’Abdelaziz. Trois ont particulièrement animé la campagne électorale qui a duré plusieurs semaines avec parfois de chaudes empoignades lors de certains meetings électoraux et des débats particulièrement tendus. Des principaux favoris, le dauphin du président sortant se détache du lot. Il s’agit de l’ancien ministre de la défense, Mohamed Ould Ghazouani, le candidat de la majorité (UPR) et dauphin du président sortant. L’ancien général bénéficie de puissants soutiens du pouvoir comme il l’a démontré durant sa campagne, et pour beaucoup d’observateurs, ce soutien pourrait aussi lui être utile pour remporter le scrutin, afin de perpétuer le règne de son mentor. D’autant qu’à la veille du scrutin, le président Mohamed Ould Abdelaziz, a évoqué dans une conférence de presse, qu’il n’écarte pas la possibilité de se présenter à une prochaine présidentielle. Des propos ambigus qui laissent entrevoir « un scénario à la Poutine-Medvedev », et donc un scrutin réglé à l’avance au profit du candidat Ghazouani.

Face au candidat du pouvoir, se positionne Sidi Mohamed Ould Boubakar, ancien premier ministre soutenu par les islamistes modérés du parti Tawassoul. Au contraire du candidat du pouvoir qui a plus axé sa campagne sur la continuité et la sécurité, Ould Boubacar prône le changement et des réformes économiques pour tourner la page d’Ould Abdelaziz. Enfin, l’autre candidat qui se détache du lot, c’est l’opposant Biram Dah Abeid, le très connu militant anti-esclavagiste qui a fait campagne particulièrement sur le thème de la lutte contre la pauvreté. Il bénéficie de soutiens principalement au sein des communautés négro-mauritaniennes et haratines, mais aussi au-delà.

Si dans un premier temps, le candidat du pouvoir est donné largement favori, la campagne électorale qui a été lancée le 7 juin et a été close le vendredi 21 juin, a rebattu les cartes. Au point de semer le doute même au sein du camp du président sortant et de son dauphin. D’autant qu’en cas de second tour qui est prévu pour le 7 juillet, les deux candidats favoris de l’opposition, Sidi Mohamed Ould Boubakar et Biram Dah Abeid, ont déjà scellé une alliance pour soutenir celui qui viendra en seconde position, et qui devra affronter le favori Mohamed Ould Ghazouani.

Source : La Tribune Afrique

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