Pressions américaines : «Pas d’ingérence ! », réplique le Tchad

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Après le communiqué très critique de l’ambassade des Etats-Unis à N’Djamena sur les libertés démocratiques, le Tchad a choisi de servir une contre-réponse acerbe. Sur le plan intérieur, la riposte est portée par le Mouvement patriotique pour le salut (MPS), le parti au pouvoir, tandis qu’au niveau diplomatique, c’est le ministère des Affaires étrangères qui s’est prêté à quelques rappels en direction des chancelleries. Mûrie depuis deux jours, la réponse du gouvernement tient en deux mots : «Pas d’ingérence !».

En réponse au communiqué au vitriol de la représentation diplomatique des Etats-Unis dans le pays, le Tchad a engagé une riposte aussi bien politique que diplomatique. Ce lundi 10 juin, c’est le ministère des Affaires étrangères qui s’est fendu d’un communiqué pour répondre au-delà même du commentaire pour le moins critique de l’Ambassade américaine.

«Termes délibérément condescendants et provocateurs»

Envoyé en copie aux missions diplomatiques, consulaires et aux représentations des organisations internationales, le communiqué de la diplomatie tchadienne «rejette et dénonce avec force» le communiqué de presse de l’ambassade des Etats-Unis au Tchad. Communiqué dont les «termes sont délibérément condescendants et provocateurs».

«Le gouvernement du Tchad ne permet, sous aucun prétexte, une forme quelconque d’atteinte à sa souveraineté, ou une ingérence de quelle que nature que ce soit dans ses affaires intérieures pour mettre à mal la stabilité et le consensus national forgés au prix d’énormes sacrifices», réplique donc le ministère des Affaires étrangères.

Très acerbe critique, le communiqué de l’ambassade américaine avait enjoint N’Djamena d’autoriser «sans délai», les partis politiques interdits et respecter les droits des citoyens à se rassembler, «même lorsque le but du rassemblement est de critiquer le régime et d’inciter les citoyens à voter contre le parti au pouvoir». Référence est faite ici au Parti «Les Transformateurs» de l’opposant Succès Misra. Ce dernier qui court derrière la délivrance de son récépissé de reconnaissance légale, tente d’organiser des marches ou des réunions systématiquement interdites par les autorités.

Riposte politique portée par le MPS

Pour éviter la dispersion violente des manifestations de ce mouvement, certaines chancelleries envoient des représentants dans le cortège de l’opposant. Un point sur lequel, la diplomatie tchadienne a servi une convocation aux chargés d’affaires des chancelleries des Etats-Unis, d’Allemagne et des Pays-Bas, qui se sont vu diplomatiquement remonter les bretelles. La riposte de N’Djamena aurait pu s’arrêter-là.

Sur le plan politique, la réponse du Tchad est portée par le Mouvement patriotique pour le Salut (MPS, au pouvoir), le parti créé en 1989 par Idriss Deby. Au cours d’un meeting à Bongor, à 235 km au sud de N’Djamena, Mahamat Zene Bada, le secrétaire général du parti présidentiel a jugé «inacceptable», le rappel à l’ordre de la chancellerie américaine. «Le Tchad est un pays souverain. La position du MPS est officielle : Nous ne recevons aucune injonction des officines étrangères».

Source : La Tribune Afrique

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