Requête contre le bureau de l’Assemblée : en Guinée-Bissau, l’opposition déboutée

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Requête rejetée ! C’est le verdict sans appel de la Cour suprême de Guinée-Bissau sur la requête de l’opposition concernant son recours pour imposer la constitution du Bureau de l’Assemblée nationale. Aux prises d’une querelle avec le PAIGC de Domingos Simões Pereira, majoritaire à l’Assemblée, le Madem G-15 avait décidé de passer par les tribunaux pour tenter d’imposer la désignation de Braima Camará pour occuper le poste de second vice-président de l’institution, poste qui revient de droit à son parti. La crise politique qui empêche José Mário Vaz de nommer un Premier ministre s’en trouve exacerbée.

Vers quelle juridiction du pays va se tourner l’opposition bissau-guinéenne ? Au lendemain du verdict couperet de la Cour suprême du pays, la question taraude le microcosme politique. Le 15 mai dernier, la plus haute juridiction du pays a rejeté le recours du Madem G-15 contre la formation incomplète du Bureau de l’Assemblée nationale.

Requête hors délai devant une Cour qui se déclare incompétente

La Cour estime que la requête qui lui est parvenue hors délai et qu’elle n’était pas compétente pour trancher. Une question très politique qui devait être portée devant un tribunal régional. En attendant, c’est la nomination de Domingos Simões Pereira, proposé par le PAIGC, vainqueur des législatives et majoritaire au parlement, qui se trouve retardée plus encore.

Deux mois après les législatives du 10 mars dernier et un mois après l’installation des 102 députés de l’Assemblée nationale populaire, José Mário Vaz, le président du pays, n’a toujours pas nommé de Premier ministreCipriano Cassamá, président de l’Assemblée, a transmis au président une liste du Bureau de son institution amputée du nom du second vice-président.

Mais le jour du vote, le PAIGC récuse le proposé par le Madem G-15, deuxième parti à l’hémicycle en termes de sièges. A la place, il enjoint à celui-ci de proposer un autre nom, ce que le premier parti d’opposition, issu d’une dissidence du PAIGC, refuse catégoriquement au risque de saisir la justice. Un responsable du PAIGC a fourni à l‘AFP les raisons de sa formation politique à s’opposer à la nomination de Braima Camará.

Passer outre la formation du Bureau pour nommer un Premier ministre

En cas de démission du président de l’Assemblée nationale et de son premier vice-président pour participer à la présidentielle 2019, les rênes de la très puissante institution seraient tenues par un opposant au futur Premier ministre. Impensable alors pour le PAIGC de fournir à son rival le bâton pour se faire battre.

Les radicalismes politiques sont accentués et le pays s’enlise dans une crise institutionnelle de tous les dangers. Mardi 14 mai, avant même le verdict de la Cour suprême, des partisans de Domingos Simões Pereira ont manifesté pour exiger du président la nomination du Premier ministre, sans attendre la formation complète du Bureau de l’Assemblée nationale. L’intéressé avait lui-même tenté de faire pression sur le président José Mário Vaz en invoquant la constitution.

«La situation économique et financière du pays est chaotique et l’insolvabilité est proche. L’Etat risque de faire faillite, ce qui l’empêche de respecter ses principales obligations du gouvernement. On ne peut conclure qu’à la violation flagrante de la Constitution de la République de la Guinée-Bissau par son premier magistrat, le président de la République», avait fait savoir Domingos Simões Pereira, le 8 mai dernier.

De son côté, le chef de l’Etat bissau-guinéen temporise en se retranchant derrière la crise au parlement pour ne pas nommer un Premier ministre. Plusieurs observateurs estiment que José Mário Vaz peut passer outre la constitution du Bureau de l’institution pour désigner le locataire du siège du Conseil gouvernemental. La crise s’enlise et inquiète la CEDEAO, l’Union africaine et les organisations internationales qui appellent tous les acteurs à un dialogue politique avant que la Guinée-Bissau ne sombre à nouveau dans la crise qu’on vient de lui éviter.

Source : La Tribune Afrique

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