Sonangol : Joao Lourenço limoge Carlos Saturnino et nomme Sebastião Gaspar Martins

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Le président Joao Lourenço a mal digéré la nouvelle pénurie de carburant qui a frappé ces dernières semaines les principales villes angolaises. Il a purement et simplement démis Carlos Saturnino de ses fonctions de président du Conseil d’administration de la Sonangol et nommé Sebastião Gaspar Martins, un ancien de la maison. Mais au-delà du management de la compagnie pétrolière nationale, résoudre la question de l’approvisionnement en carburant dans le pays nécessitera une stratégie forte.

Le 16 mai prochain, Carlos Saturnino aurait totalisé 18 mois à la présidence du conseil d’administration de la Sonangol, mais le président angolais, Joao Lourenço en a décidé autrement. Le successeur d’Isabel Dos Santos à la tête de la compagnie nationale pétrolière -de même que plusieurs autres membres de son équipe- a été limogé mercredi. Le Chef de l’Etat l’a immédiatement remplacé par Sebastião Gaspar Martins, un vétéran de l’industrie pétrolière qui truste les rangs de la Sonangol depuis près de quarante ans.

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La pénurie de carburant de trop

Derrière ce jeu de chaises musicales : la nouvelle pénurie de carburant qui frappe le pays depuis une semaine. En effet, l’ambiance était devenue infernale dans les principales villes du pays, en raison des files d’attentes interminables d’automobilistes désireux de s’approvisionner en carburant. Le sujet était devenu omniprésent à la télévision, mettant en exergue le mécontentement des Angolais. Dans un communiqué samedi dernier, Sonangol a invoqué des « difficultés de paiement des produits raffinés importés en devises », tout en promettant une résolution rapide de la situation. Cependant, au bout d’une longue réunion mardi entre l’exécutif de la compagnie et le gouvernement et le président Lourenço, les décisions étaient prises.

C’est certainement un coup dur pour Carlos Saturnino qui, en prenant les rênes de la Sonangol, s’était engagé à remettre sur pied, une compagnie qui traverse une profonde crise depuis plusieurs années. Devenue récurrente, la pénurie de carburant qui s’est faite plus sévère cette fois est en grande partie occasionnée par les retards de paiement des fournisseurs.

Curieusement, au lendemain de la nomination du nouveau PCA, la situation s’améliore, selon la chaîne nationale TPA. Le reportage diffusé au journal télévisé d’hier, jeudi 9 mai, fait état d’« une plus grande fluidité » aux niveaux des stations-services de Luanda désormais et « les files d’attente sont désormais plus courtes ». Que s’est-il passé pour qu’en l’espace de 24h, les choses rentrent peu à peu dans l’ordre ? Difficile à savoir pour l’instant. Une chose est certaine, chez le deuxième producteur africain de pétrole brut, l’approvisionnement en carburant est un facteur clé de calme social. Et au moment où l’Angola travaille à redistribuer les cartes de son influence au niveau international et que la Sonangol ambitionne de se dupliquer ailleurs sur le continent pour devenir une entreprise panafricaine, ce genre de crise n’est pas la bienvenue.

Qui est le nouveau patron?

Selon les experts, Sebastião Gaspar Martins « n’est pas connu en dehors du secteur », mais le nouveau capitaine de Sonangol est un homme bien influent, connu pour être proche de Manuel Vicente, ex-patron de la compagnie et fidèle de José Eduardo dos Santos. Au-delà, Joao Lourenço confie le présent et l’avenir de Sonangol à un connaisseur de la maison, qui a dirigé Sonangol P&P, la filiale d’exploration et de production à la fin des années 1990 et siégé au conseil d’administration du groupe entre 2010 et 2013, entre autres.

« Il faudra augmenter le prix à la pompe »

Le nouveau PCA devra rapidement définir et conduire l’implémentation d’une stratégie qui permettra au pays d’éviter au maximum une nouvelle grave pénurie de carburant. Car bien que Sonangol ait surperformé en 2018 avec un bénéfice net en hausse de 107% à 164 millions de dollars par rapport à l’année précédente, le groupe avait accumulé tellement de couacs financiers que retrouver l’équilibre total nécessitera du temps et surtout beaucoup d’orientations intelligentes.

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« Le problème des carburants en Angola c’est le prix trop bas par rapport aux coûts. La solution aujourd’hui serait d’augmenter le prix à la pompe. C’est vrai cela reste une orientation difficile parce que cela porterait un coup au pouvoir d’achat des Angolais, mais on trouverait difficilement autre chose à faire pour résoudre la crise, outre les mesures de gestion efficiente de la Sonangol », explique un analyste joint par La Tribune Afrique.

Source : La Tribune Afrique

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