Soudan : les militaires et l’opposition proches d’un accord sur la transition

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Le Conseil militaire de transition (CMT) a annoncé avoir conclu, mardi 7 mai, un accord avec l’opposition civile et les acteurs associatifs, afin d’encadrer la gestion de la transition. Plusieurs points de divergence persistent entre les deux parties, mais l’organe militaire qui détient actuellement le pouvoir à Khartoum, plaide en faveur de la poursuite du dialogue pour aboutir à un compromis.

Cette fois, c’est certainement la bonne ! Après plusieurs semaines de négociations, le Conseil militaire de transition (CMT) et l’opposition civile sont sur le point de signer un accord qui fixera les grandes orientations de la transition politique au Soudan. Dans un communiqué, le comité politique du conseil militaire a invité tous les représentants des partis, des organisations, des alliances, ou des délégués ; qui ont eu à faire des propositions sur la période de transition, pour « une réunion importante », ce mercredi à Khartoum.

La veille, le mardi 7 mai, le CMT au pouvoir depuis le 11 avril dernier, a annoncé déjà avoir conclu un accord avec l’opposition civile « sur les règles générales qui vont encadrer la période de transition ». Lors d’une conférence de presse, le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du CMT, a indiqué que le conseil avait formulé une réponse écrite aux proposition de l’opposition civile qui ont été présentée le 2 mai par la principale coalition d’opposition, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC). Selon le général, le CMT a cependant émis « quelques réserves sur certains points du document », tout en soulignant la possibilité de parvenir à un compromis sur les points de divergences.

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Points de divergences

Les négociations entre le CMT et l’opposition civile avaient commencé depuis la chute de l’ancien président Omar el Béchir, poussé à la démission forcée le 11 avril dernier. Malgré la mise en place d’un Conseil militaire pour gérer la transition, la pression de la rue s’est amplifiée poussant le CMT à changer d’approche.

Les négociations ont porté sur les grandes orientations de la transition politique qui va s’ouvrir au Soudan. Toutefois, plusieurs points de divergences sont apparus lors des consultations. C’est le cas notamment pour la place de la « Charia », la durée de la période de transition ainsi que les pouvoirs qui seront attribués au prochain Conseil souverain qui sera mis en place.

Selon les premiers détails du texte annoncé comme base de l’accord, un Conseil souverain sera mis en place comme institution suprême de la transition. Il sera composé de 15 membres, dont huit civils et sept militaires. Le prochain gouvernement civil qui sera également nommé devrait compter une vingtaine de membres et il devrait jouir de plusieurs pouvoirs notamment celui de décréter l’état d’urgence ou en matière de nomination et de révocation dans la haute administration publique. Parallèlement, un parlement de transition de 120 membres sera mis en place pour un mandat de quatre ans.

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Dans l’ensemble, le CMT qui est dirigé par le général Abdel-Fattah al-Bourhane, s’est montré jusque-là favorables aux propositions formulées par l’opposition civile notamment le transfert de la gestion de la transition à un gouvernement civil. Si le Conseil a tergiversé jusque-là sur certains aspects assez sensibles de l’accord, notamment la sécurité et la justice, la pression des manifestants ainsi que celle de la communauté internationale, vont certainement pousser les militaires à revoir leurs ambitions à la baisse.

Source : La Tribune Afrique

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