Soudan : l’armée partagera le pouvoir avec l’opposition

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La création d’un comité conjoint le laissait présager. Cette plateforme a permis de formaliser les discussions entre le Conseil militaire de transition et l’opposition et d’harmoniser les positions. Ce samedi 27 avril, lors de sa première réunion, les deux parties ont trouvé un accord qui va consacrer le partage du pouvoir qui sera désormais entre les mains d’une direction civilo-militaire. C’est une issue dans l’impasse politique née de la destitution d’Omar El Béchir. La réaction de la rue soudanaise dans les prochaines heures est à scruter à la loupe.

Le conseil militaire de transition tout comme l’opposition qui parlait au nom des manifestants n’ont pas voulu laisser l’impasse politique perdurait. Dès leur première réunion, les deux entités ont trouvé un accord pour la réorganisation du Soudan après le départ d’Omar El Béchir. Ce samedi 27 avril, les deux parties ont convenu de la mise en place d’une autorité conjointe entre civils et militaires qui va mener la transition dans le pays.

Au lendemain de leur prise du pouvoir en contraint Omar EL Béchir à la démission, les militaires ont pris une série de mesures dont la saisie des biens du parti au pouvoir ou encore l’arrestation de l’ex-chef de l’Etat, désormais incarcéré à la prison haute sécurité de Kobar, dans le nord de Khartoum. Des mesures qui n’ont pas réussi à calmer une rue réclamant le transfert du pouvoir à un gouvernement civil.

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Sourd aux réclamations de la rue, aux menaces de l’Union africaine et aux condamnations de certaines capitales occidentales, Abdel Fattah Al-Burhane qui préside le Conseil militaire de la transition n’a pas voulu céder aux pressions. Même si trois membres de ce nouveau centre du pouvoir soudanais ont démissionné avant la réunion de ce samedi 27 avril, c’est la pression croissante de la rue qui a sans doute été décisive dans l’accord de partage du pouvoir.

Pouvoir hybride en attendant la réaction de la rue

Dans le détail, l’armée qui réclamait de garder le contrôle des pôles régaliens du pouvoir ne devrait pas sortir perdante de la distribution des postes au gouvernement. L’opposition de son côté et les regroupements de corporations professionnelles devraient aussi voir quelques-uns de leurs membres faire leur entrée dans l’équipe dirigeante. On imagine que c’est un moyen de se positionner en attendant la fin d’une transition dont on ne connait encore ni la durée, ni la forme.

Pour l’heure, même après cet accord de gestion conjointe de l’après-Omar El Béchir, l’armée reste la grande gagnante du bras de fer avec la rue. Dans ses doléances, cette dernière avait inscrit le jugement du chef de l’Etat déchu, tout comme la mise en place d’un pouvoir entièrement dirigé par des civils.

Source : La Tribune Afrique

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