Soudan  : un préaccord entre militaires et civils et des démissions au sein du Conseil de transition

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A Khartoum, la capitale soudanaise, les manifestations se tiennent jour et nuit et depuis le 6 avril devant le siège du ministère de la Défense.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a annoncé sans le préciser «un accord sur la plupart des exigences» présentées par les leaders de la contestation lors d’une réunion ce mercredi 24 avril, qui s’est achevée avec la démission de trois membres du Conseil de transition.

«Nous avons un accord avec la plupart des exigences présentées dans un document de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC)», a déclaré à la presse le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, rapporté par l’agence AFP, à l’issue d’une réunion entre les militaires et l’opposition, qui réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile. Un des leaders de la contestation présents à la réunion, Ahmed al-Rabia, a ajouté que les deux parties avaient également convenu de former un conseil conjoint, sans développer.

Quelques minutes après, dans un communiqué, le Conseil militaire a annoncé la démission de trois de ses membres, les lieutenants-généraux Omar Zain al-Abdin, Jalaluddin Al-Sheikh et Al-Tayieb Babikir. A cette réunion participaient les militaires et les leaders de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations de la contestation. Elle s’est tenue en soirée au palais présidentiel, selon un vidéaste de l’AFP.

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Le Conseil militaire de transition est au pouvoir au Soudan depuis le renversement par l’armée du président Omar el-Béchir le 11 avril sous la pression de la rue. Depuis, les relations entre militaires et manifestants ont connu des soubresauts. Les responsables du mouvement de contestation avaient annoncé dimanche la suspension des discussions avec le Conseil militaire, en raison de son refus de transférer le pouvoir immédiatement à une autorité civile.

Vers la grève générale, signe d’une nouvelle escalade

Dans la journée de mercredi, lors d’une conférence de presse, un haut responsable de l’opposition, Omar el-Digeir, avait déclaré que les leaders de la contestation étaient prêts à parler directement avec le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane. La réunion s’est déroulée ensuite.

Depuis le 6 avril, des manifestants sont rassemblés jour et nuit devant le quartier général de l’armée à Khartoum. Après avoir demandé dans un premier temps le départ du président, ils réclament désormais que les militaires abandonnent le pouvoir. Mercredi, des centaines de personnes venues de la ville de Madani ont rejoint les manifestants dans la capitale en scandant «nous sommes venus de Madani et nous réclamons le pouvoir civil», selon des témoins cités par l’AFP.

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Interrogé avant la réunion lors d’une conférence de presse sur les actions prévues en cas de refus du Conseil militaire d’accéder aux revendications des manifestants, l’un des leaders de la contestation, Siddiq Farouk, a menacé d’une «escalade». «Nous nous préparons à une grève générale» à travers le pays, a-t-il affirmé.

Ahmed al-Rabia, figure de l’Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a lui appelé à une «marche d’un million de personnes pour jeudi».

Pour la première fois, des juges devraient rejoindre les manifestants. Ils se mobiliseront «pour soutenir le changement et pour (réclamer) un système judiciaire indépendant», selon un communiqué diffusé mercredi par une association professionnelle de juges. Dimanche, le général Burhane avait promis que l’armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

Une transition démocratique en trois mois…

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s’est rapidement transformée en contestation inédite du président aujourd’hui déchu et emprisonné, et plus largement du système en place.

Plusieurs pays africains réunis sous la houlette de l’Egypte ont appelé mardi à une «transition pacifique et démocratique» d’ici trois mois au Soudan, un délai plus long que les 15 jours accordés récemment par l’Union africaine (UA) aux militaires pour céder le pouvoir.

Source : La Tribune Afrique

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