Centrafrique : le pouvoir de Touadera désormais sous contrôle rebelle

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Bangui (CNC) – âpres trois années de gouvernance en solitaire sur au moins 19% du territoire dont une année sous domination des mercenaires russes, c’est au tour des rebelles qui contrôlent plus de 80% du territoire de placer le président Touadera sous leur contrôle durant les 24 mois qui lui restent au Palais de la Renaissance si l’on en croit aux arrangements sécuritaires transitoires prévus dans l’Accord de Khartoum.

Longtemps évité, c’est désormais chose arrivée. Le président Touadera n’a plus que la Constitution de Catherine Samba-Panza à  respecter et à  appliquer. Devant son incapacité à  ramener la paix promise à  son peuple, un autre instrument juridique vient de tomber sur sa tête. Son nom : L’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine.

Préparé depuis avril 2016 et signé le 6 février 2019, cet Accord non seulement partage les miettes des gâteaux que grignotent le président Touadera et son clan à  Bangui, mais également et surtout le mettre sous domination politique et protection sécuritaires des groupes armés pour les deux années qui lui restent à  diriger ce pays.

Touadera sous domination politique des rebelles vacille

Ces administrateurs militaires reconvertis administrateurs civils seront dans toutes les instances décisionnelles de Touadera.

Au gouvernement, ils sont douze à  siéger désormais aux côtés de Touadera aux conseils des ministres.

Dans les cabinets, une dizaine, la plupart des chefs de guerre, sont envoyés depuis le 24 mars à  la Primature comme ministres-conseillers, conseillers et chargés de mission.

En plus de leur fonction de ministre conseiller, conseillers, les fonctions du chef d’état-major des armées leur sont confiées dans leur zone de juridiction respective sur les unités spéciales mixtes de sécurité.

Dans les semaines à  venir, une dizaine élira domicile à  la Présidence de la République.

D’ailleurs, ce lundi, une vingtaine d’autres, des brevetés et certifiés sont déjà  nommés préfets et sous-préfets.

Depuis son entrée tardive en vigueur, l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine signées avec les groupes armés qu’il n’arrive pas à  les ramener à  la raison durant trois années qu’il a pris le pouvoir et ce, en débit des promesses fallacieuses faites au peuple, est devenu une source d’inquiétude et d’instabilité du régime du président Touadera. Contraint de suivre les injonctions des leaders des groupes armés, rien que la première phase qui consiste à  mettre en route un gouvernement dit « inclusif » prévu dans l’article 21 de l’Accord a du mal à  bien fonctionner.

Des démissions au refus pur et simple des ministres nommés en passant par les récusions des chefs rebelles signataires de l’Accord de voir leurs gares descendre à  Bangui prennent fonction, le Premier ministre Firmin NGRÉBADA a du mal à  juguler caprices et exigences des chefs rebelles et de son patron Touadera.

Pour un homme politique centrafricain contacté par CNC, si la mise en place simple d’un gouvernement pose déjà  d’énormes problèmes au président Touadera et aux Garants et Facilitateurs dudit Accord, le plus gros ennui est son fonctionnement. à€ cela s’ajoutent l’interprétation et l’application en elle-même de l’Accord.

Touadera sous protection sécuritaire des rebelles

Sous pression politique des chefs rebelles signataires comme lui de l’Accord politique, le président Touadera sera également soumis sous protection sécuritaire, pour tous ses déplacements dans les zones sous contrôle rebelles (articles 16 et 17 de l’accord de Khartoum).

Que dit l’Accord de Khartoum pour que Touadera confie la mission de protection de son peuple aux groupes rebelles ?

Article 16 : Les Parties s’engagent, dès la signature du présent Accord, à  mettre en place des unités spéciales mixtes de sécurité pour une période transitoire initiale de vingt-quatre (24) mois, et placées sous la supervision de l’État-major des Forces de défense, et pourront solliciter l’appui technique de la MINUSCA.

Elles sont constituées de membres des forces de défense et de sécurité nationales, et en majorité des membres des groupes armés ayant pleinement adhéré aux principes du présent Accord et suivi une formation adéquate de deux (2) mois.

Article 17 : Lesdites unités entreront de plein droit en fonction soixante (60) jours après la signature du présent Accord et contribueront à  la protection et la sécurité des populations civiles, renforceront l’ordre public, sécuriseront les couloirs de transhumance, et rempliront toutes missions assignées par le Comité technique de sécurité prévu à  l’Annexe 1 relative à  la mise en œuvre de la cessation des hostilités et des arrangements sécuritaires temporaires.

Elles accompliront leurs missions dans le respect des principes républicains notamment l’impartialité, la neutralité, conformément aux lois et règlements en vigueur.

Où sont actuellement formés ces éléments rebelles ?

Nulle part.

Qui seront les instructeurs ?

« L’Accord est au point mort en ce moment. Les mercenaires russes, les officiers de l’armée nationale, de la gendarmerie et de la police ? Rien n’est encore décidé ». A fait savoir à  CNC un officier de l’armée nationale sous couvert de l’anonymat.

Source : ABangui

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