Référendum au Burkina : la date du scrutin, une inconnue

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Tout ce que l’on sait à ce stade, c’est que la révision de l’actuelle constitution n’en se fera pas par voie parlementaire. Pour mettre en place la Ve République, Roch-Marc Christian Kaboré, le chef de l’Etat burkinabé, avait privilégié la voie du référendum. Si lors de sa dernière rencontre avec le chef de l’Etat, Halidou Ouédraogo, président de la commission préparant le projet de révision, avait laissé planer le doute sur la date du scrutin, celle-ci est la grande inconnue. On part même d’un report sine die.

Dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 20 mars dernier, aucune mention de report ou même de dispositions laissant croire qu’un scrutin allait se tenir ce dimanche 24 mars. Cette date avait initialement été retenue pour appeler les Burkina à se prononcer par les urnes sur la modification de leur Loi fondamentale.

Report sine die du référendum

Une déclaration d’un responsable de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) rapportée par l’AFP vient confirmer les doutes. «C’est un report sine die qui se profile, car aucune mesure n’est prise pour la tenue de ce référendum le 24 mars prochain et aucune nouvelle date n’a jusqu’à présent été communiquée», fait savoir la même sous couvert de l’anonymat.

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Sa déclaration, non confirmée et non commentée par les autorités burkinabè, contredit la date initiale avancée par Newton Ahmed Barry, président de la Céni, qui tablait sur une révision du fichier électoral annoncée durant le mois de septembre 2018.  Pourtant, les craintes du responsable de la CENI sont en quelque sorte la fin du film.

Depuis plusieurs semaines, la polémique enfle sur une supposée volonté du pouvoir de Roch-Marc Kaboré de faire passer son projet par la voie parlementaire, la première choisie avant que l’opposition ne proteste énergiquement. Pour faire taire la rumeur, Halidou Ouédraogo, président de la commission chargée de préparer les textes, avait confirmé la révision par référendum, non sans faire planer le doute sur la date.

Finances, sécurité, logistique, les raisons d’un report ?

«La date du référendum importe peu, pourvu qu’il se tienne dans les normes, dans le cadre de nos lois constitutionnelles et qu’il ne remette pas en cause un aspect ou un autre», avait-il lancé au sortir d’une réunion de consultation avec le président de la République. «Toute décision doit être précédée de discussions et d’échanges. Le président a assuré qu’il est en train de procéder à cet exercice et en temps opportun, la réponse viendra et sera portée à la population», avait complété la présidence dans un communiqué.

Aujourd’hui, les spéculations foisonnent. Le référendum sera-t-il de fait pour raison financière ? En tout cas, c’est l’une des premières raisons qui avaient été avancées pour justifier le passage par un vote à l’Assemblée nationale, jugé moins coûteux, que celui de la convocation de tous les électeurs.

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Le report sera-t-il justifié par des raisons logistiques ou sécuritaires ? Aux prises avec le terrorisme dans le Sahel, l’organisation d’un scrutin sur toute l’étendue du pays constituerait un défi sécuritaire majeur. Pour l’heure, tous les regards se tournent vers la CENI pour éclaircir le calendrier électoral. Les Burkinabè scrutent l’annonce de leur commission en attendant de savoir quand ils vont se rendre aux urnes.

Source : La Tribune Afrique

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