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Centrafrique : Des solutions pour la distribution d’eau potable à Bangui

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Eau potable

BANGUI, 19 Mars 2019 (RJDH) — A Bangui, l’approvisionnement en eau potable de la Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA) est un parcours de combattant en cette période de saison sèche. De longues files d’attentes sont visibles devant les bornes d’eau publiques, pourtant la République Centrafricaine est « un château d’eau ». Pourquoi cette pénurie ? et quelle est la solution pour remédier à cela ? Nous-nous sommes rapprochés du compatriote Macaire Siro, Docteur en géographie.

En cette saison sèche, l’unique station de pompage d’eau de la Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA) éprouve des difficultés techniques et la baisse du niveau de l’Oubangui ne facilite pas la tâche à l’entreprise publique dont le matériel est vétuste.

A ces maux, le Docteur en géographie, Macaire Siro a ajouté que la capitale centrafricaine évolue dans un système de « pénurie urbaine » et de « l’inégalité sectorielle » en matière d’alimentation en eau potable. Il a fait remarquer que le vieillissement du réseau, le manque d’entretien, la défaillance de l’électricité, les fuites sur le réseau, les coupures d’eau, le manque de financement etc… « sont les difficultés qui enlisent la Société de Distribution d’eau en Centrafrique (SODECA) ».

Déplorant dans notre entretien que le secteur de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement en Centrafrique, et singulièrement à Bangui ne bénéficie que de très peu de financement, « la proportion la plus élevée étant de 3,5% de l’aide totale décaissée en 2008 », a souligné notre invité. Cependant, il noté que « le vrai problème s’articule sur le dysfonctionnement de la SODECA et le manque de moyens pour agir efficacement ».

Aussi, la distribution de l’eau est inégalement repartie entre les différents quartiers de Bangui qui a connu une explosion. « Une partie de la ville est couverte de réseau de distribution d’eau et l’autre est totalement exclue (les quartiers spontanés) », a-t-il expliqué. Face à cela, le réseau de distribution d’eau qui date des années 1970-1980 n’est plus en mesure de répondre de façon optimale et efficace au besoin des Banguissois.

Quelle solution pour améliorer l’accès à l’eau potable à Bangui ?

Alors pour remédier à cette pénurie d’eau potable, des solutions ont été proposées. Selon Macaire Siro, il s’agit d’abord de « revoir la cartographie du réseau de la ville avec des matériaux aux normes internationales » et de « réorganiser l’urbanisation de Bangui pour faciliter l’installation du réseau et de viabiliser les nouveaux lotissements avant toute installation par le réseau d’eau potable ». Ces mesures ne sont pas suffisantes car « le réseau de distribution devra être étendu au-delà de sa couverture actuelle ». Une autre solution est « la création de réseaux secondaires : forage micro système, forage manuel, etc… » dans certains quartiers. Un travail a été fait déjà, mais cela est infime compte tenu de la demande. A cet effet, l’on pourra « multiplier le nombre de KBF (Kiosque Borne Fontaine) dans les quartiers défavorisés à une distance de 100 à 150 m du lieu d’habitation », a mentionné le géographe.

Dans cette optique de répondre au besoin de plus en plus accru dans la capitale, il serait indispensable de « mettre en place une politique de Partenariat Public et Privé (PPP), afin de rendre plus dynamique le secteur d’approvisionnement en eau potable », a conseillé notre invité. Il s’agit là de disposition favorisant l’accès à l’eau potable à des familles démunies.

Par ailleurs, la SODECA devra initier des projets qui ont besoin de la contribution financière de l’Etat qui a aussi la responsabilité de « résoudre le problème d’électricité qui impacte sur la production de la SODECA », a conclu Macaire Siro.

Les mises en garde de l’ONU sur l’eau:

Dans son dernier rapport sur l’eau, ONU-Eau et l’Unesco ont prévenu que « la demande mondiale en eau devrait augmenter de 20 à 30% par rapport au niveau actuel d’ici 2050 ». Cela est la « conséquence de la croissance démographique, du développement économique et de l’évolution des modes de consommation », ajouté à ceux-ci « le changement climatique risque de compliquer l’accès à l’eau potable avec les sécheresses et les inondations ».

Ces agences onusiennes ont fait remarquer que le manque d’accès à une eau potable de qualité et le manque de services d’assainissement des eaux usées ont contribué au décès de « 780.000 » chaque année. Ces morts sont liés à « la dysenterie et le choléra ». A titre illustratif, « en 2015, environ 844 millions de personnes n’avaient pas accès à un service d’eau potable sûr et seuls 39% de la population mondiale disposait de services d’assainissement sûrs », lit-on dans le rapport.

Et se sont les personnes les plus démunies qui souffrent plus, a regretté Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco qui a fait de l’accès à l’eau potable une priorité : « L’accès à l’eau est un droit humain vital pour la dignité de chaque être humain. Pourtant, des milliards de personnes en sont toujours privées ».

Ainsi, l’ONU-Eau et l’Unesco ont encouragé les Etats et les acteurs privés à « investir massivement dans les infrastructures ».

Source : RJDH

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