Présidentielle 2019 au Malawi : Joyce Banda n’est plus candidate

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A son «comeback» pour reprendre le fauteuil qu’elle avait laissé en 2014, Joyce Banda a préféré une alliance avec Lazarus Chakwera, le leader de l’opposition. Après avoir entretenu le suspense avec des alliances incertaines avec les figures de la politique dans le pays, elle a fini par retirer sa candidature à la présidentielle du 21 mai prochain. Même si son choix éloigne l’opportunité de voir une femme reprendre les rênes du pays, son poids politique pourrait peser dans le scrutin.

Joyce Banda a confirmé l’information à l’AFP, sans vouloir rentrer dans les détails. Mais la première femme présidente du Malawi ne sera pas dans les starting-blocks de la présidentielle du 21 mai prochain. A la place, l’ex-chef de l’Etat va faire alliance avec Lazarus Chakwera, le chef de file du Parti du congrès du Malawi (MCP), le plus important de l’opposition. Va-t-elle devenir la colistière de son nouvel allié ?

Arithmétique élémentaire pour l’alliance Joyce Banda-Lazarus Chakwera

Pour l’heure la présidente du Parti populaire (PP) n’est pas entrée dans les détails. Alors le communiqué conjoint des nouveaux alliés est resté vague, Joyce Banda et Lazarus Chakwera devraient donner une conférence de presse ce samedi 16 mars 2019 pour revenir sur le bloc qu’ils vont former pour espérer mettre en ballottage Arthur Peter Mutharika, l’actuel président de la République, candidat à sa propre succession sous les couleurs du Parti progressiste-démocrate (DPP, au pouvoir).

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Pourtant, l’arithmétique électorale semble élémentaire. En perdant son fauteuil à la présidentielle de 2014, Joyce Banda a raflé pas moins de 1 million de voix lors du scrutin. Dans un contexte politique et social où la popularité du président sortant est mise à rude épreuve, le PP espère joindre ses voix au 1,5 million de voix dont avait été crédité Lazarus Chakwera. Les candidatures indépendantes aidant, le 1,9 million de voix du sortant s’en trouveraient alors raboté pour placer la coalition en position de l’emporter. Mais le calcul ne prend peut-être pas en compte tous les facteurs.

L’année dernière, Joyce Banda était retournée d’un exil aux Etats-Unis, où elle vivait peu de temps après sa défaite à la présidentielle de 2014. La fin de son mandat (2012-2014) avait été marquée par le retentissant scandale du «Cashgate», une vaste affaire de concussion des hauts responsables de son gouvernement. Avec son retour en politique, la première présidente du Malawi avait annoncé son intention de porter les couleurs du PP à la présidentielle de mai afin de reconquérir son fauteuil.

Joyce Banda, colistière ou faiseuse de roi?

Mais il faut dire que Joyce Banda a multiplié les erreurs politiques. Dans un premier temps, elle annonce en février, la création d’une alliance avec le vice-président Saulos Chilima qui s’était quelque peu fâché avec Arthur Peter Mutharika, l’actuel président. La coalition ne durera que quelques jours avant qu’elle rétropédale pour mettre en avant sa candidature en solo.

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A l’intérieur de son parti aussi, la fronde fait rage contre celle que l’on accuse d’être impliquée dans le scandale de corruption. Celle-là même qui lui a valu un mandat d’arrêt non encore exécuté à son encontre et la promesse d’une arrestation dans une affaire qu’elle qualifie de «politique».

Tous ces facteurs font qu’aujourd’hui, sa popularité s’érode tant au sein de l’électorat que de son propre parti, qui a vite fait de lui donner son aval pour un ticket avec Lazarus Chakwera. S’il faut attendre la conférence de presse de ce samedi pour savoir si elle va endosser les habits de colistière, l’on sait d’ores et déjà qu’elle pèsera de tout son poids dans la balance électorale. Elle pourrait même être décisive pour la faire pencher, confortée dans son statut de faiseuse de roi.

Source : La Tribune Afrique

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