Côte d’Ivoire : Amadou Soumahoro élu sur l’ancien tabouret de Guillaume Soro

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Lundi dernier, le président ivoirien Alassane Ouattara mettait fin aux fonctions d’Amadou Soumahoro en qualité de ministre chargé des Affaires politiques, en prélude à l’élection d'un nouveau président de l’Assemblée nationale.

La bataille a été rude en coulisses, notamment sur le mode d’élection du successeur de Guillaume Soro, démissionnaire de son poste en février. Sans surprise, c’est Amadou Soumahoro, candidat du RHDP et proche d’Alassane Ouattara, qui a été élu au perchoir de l’Assemblée nationale au cours de la deuxième session extraordinaire de l’année. Il remporte le duel au vote face à Jérémie N’Gouan, candidat du PDCI d’Henri Konan Bédié, soutenu par Guillaume Soro. Ce dernier laisse son tabouret après avoir refusé de rejoindre le nouveau parti unifié.

Le perchoir, Amadou Soumahoro a déjà tenté d’y accéder en janvier 2017. En vain. Au sein du RDR à l’époque, on lui avait demandé de retirer sa candidature au profit de Guillaume Soro, alors allié d’Alassane Ouattara. Entre temps, les relations entre les deux hommes s’étaient détériorées autour du parti unifié que Soro avait refusé de rejoindre, entraînant sa démission le 9 février dernier.

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La succession de l’ancien chef rebelle a été réglée ce 7 mars, lors d’un vote assez alambiqué en présence de Daniel Kablan Duncan, le vice-président ; d’Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre ; et plusieurs membres du gouvernement. A son terme Amadou Soumahoro, ministre chargé des Affaires politiques à la présidence jusque-là, a été élu à la tête de l’Assemblée nationale. Il a raflé 153 voix de ses collègues députés contre 3 pour Jérémie N’Gouan, candidat du PDCI d’Henri Konan Bédié, sur un total de 158 votants -pour 179 députés effectivement présents. En coulisses pourtant, la concurrence a été rude.

Message fédérateur pour une élection contestée

Réunis le 5 mars dernier pour peaufiner les modalités du scrutin à vote secret, des députés pro-Soro et pro-PDCI se sont farouchement opposés à une modification du mode de vote. La réunion s’est terminée en queue de poisson, au bord d’une rixe dans les couloirs de l’Assemblée. Elle a provoqué un boycott par plusieurs députés PDCI lors de la session extraordinaire de désignation du président de l’Assemblée nationale. Sans doute justifie-t-elle l’absence remarquée de Guillaume Soro et de 95 autres députés boycotteurs, lors du vote qui devait désigner son successeur.

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Surnommé «Tchomba» (le sage, en langue bambara), Amadou Soumahoro a été ministre du Commerce sous l’ex-président Laurent Gbagbo, secrétaire général du RDR dont il a été président du groupe parlementaire. Ce proche d’Alassane Ouattara a tenté de lancer un message fédérateur sur son élection avant même qu’il ne prenne place sur le « tabouret» laissé vacant par Guillaume Soro.

«Je voudrais rassurer les uns et les autres que l’Assemblée nationale doit s’inscrire dans la symphonie des autres institutions. Je veillerai à ce que notre Assemblée nationale soit en symbiose avec toutes les autres institutions», fait-il savoir dans des propos rapportés par la presse locale. C’est en tout cas mal parti, puisque certains de ses collègues députés ont déjà fait savoir qu’ils ne le reconnaîtraient pas comme leur président.

Source : La Tribune Afrique

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