Tchad : la frontière avec la Libye (de nouveau) fermée jusqu’à nouvel ordre

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Confronté à une amplification des menaces sécuritaires, le Tchad a déployé son armée à la frontière avec la Libye où plusieurs groupes armés sont actifs, profitant du chaos qui règne dans le pays voisin.

Les autorités tchadiennes ont de nouveau fermé leur frontière avec la Libye. Une décision qui fait suite à l’insécurité grandissante dans cette région où l’armée tchadienne peine à contenir les assauts de plusieurs groupes armés qui s’infiltrent du pays voisin en proie à de violents conflits depuis la chute de Kadhafi.

Le Tchad a décidé de fermer sa frontière avec la Libye afin de contenir les menaces sécuritaires qui ne cessent de s’amplifier dans cette région du nord du pays où des combats armés opposent depuis un certain temps, l’armée tchadienne (ANT) à différents groupes armés qui profite du chaos libyen. La décision a été annoncée ce dimanche 3 mars par le général Mahamat Abali Salah, ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité publique. « Nous avons pris la décision de fermer la frontière avec la Libye  à partir de cet instant jusqu’à nouvel ordre », a annoncé le ministre aux médias, à l’issue d’une tournée de travail dans la zone.

«Nous sommes venus ici pour exécuter les dernières instructions. Nous voulons sécuriser cette zone, qui bien qu’elle soit une partie du Tchad, est devenue un carrefour de tous les malfrats, terroristes et rebelles. L’Etat a donc décidé de prendre les mesures nécessaires pour mettre de l’ordre», a justifié le ministre de la Sécurité publique, Mahamat Abali Salah.

Le ministre et sa délégation qui ont visité plusieurs sites dans la région du Tibesti, à l’extrême nord du pays et à la frontière avec la Libye, a annoncé que parmi les mesures prises, il y a l’interdiction de l’orpaillage sur plusieurs sites dont certains clandestins, ainsi que le désarmement de tous les groupes armés. « La zone est fréquentée par des malfrats, des terroristes et des rebelles, et tout individu qui se trouvera sur le site de Kouri Bougoudi sera considéré comme un terroriste », a d’ailleurs prévenu Mahamat Salah.

Une  zone de non-droit

C’est la seconde fois en moins de deux ans que le Tchad décide de fermer sa frontière avec la Libye voisine en raison de l’amplification des menaces sécuritaires. En janvier 2017, une décision similaire a été prise en raison, selon le gouvernement, « d’une grave menace d’infiltration terroriste », avant qu’un point de passage ne soit partiellement rouvert au moins de mars de la même année.

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Depuis le début de la guerre en Libye, le régime d’Idriss Déby Itno est confronté à une recrudescence des attaques de différents groupes armés qui profitent du chaos provoqué par l’absence de l’Etat dans cette zone désertique et montagneuse à cheval entre les deux pays. En plus des trafiquants de tous acabits, des groupes rebelles ont également essaimé dans la zone en dépit de l’offensive menée par l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar. En janvier dernier, des rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR), de Timan Erdimi ont lancé une offensive en provenance du sud libyen, obligeant le N’Djamena a sollicité une aide de la France qui a mené plusieurs raids aériens afin de freiner la progression des colonnes de véhicules qui se sont infiltrés au Tchad. Un autre groupe rebelle, le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR) de Mahamat Hassan Boulmaye, est lui aussi très actif dans cette zone de non-droit que les autorités tchadiennes veulent contrôler une bonne fois pour toutes, à travers un déploiement massif de ses forces armées.

Source : La Tribune Afrique

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