Martin Ziguélé dresse le bilan des points forts et des faiblesses du MLPC

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Le Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain(MLPC), Martin Ziguélé rassure sur le rajeunissement du parti en préparant la relève et l’insertion des jeunes dans tous les échelons des décisions du MLPC. Position exprimée au cours d’une interview inclusive accordée au RJDH à  l’occasion du 40ème anniversaire de son parti le 22 février 2019.

RJDH : Bonjour Président, le parti MLPC a aujourd’hui 40 ans, un âge de pleine maturité. Pourriez-vous dresser un bilan révélant les points forts et les faiblesses des activités du parti en 40 ans d’existence?

MZ : Le MPLC a été créé dans le cadre de la lutte que les élèves et les étudiants, c’est-à -dire la jeunesse centrafricaine, a déclenchée en 1979 contre l’Empereur Bokassa parce qu’il avait décrété le port obligatoire des tenues scolaires alors que les fonctionnaires, c’est-à -dire les parents de ces élèves, n’étaient pas payés et c’est dans cette ambiance de terreur et de répression que le MLPC est né avec un objectif qui était considéré comme fou à  l’époque c’est-à -dire de renverser l’Empereur et de restaurer la République . Le MLPC a réussi cet objectif puis que finalement en 1979 l’Empire a été aboli et la République est née.

Mais le deuxième objectif du MLPC c’était de conquérir le pouvoir et d’instaurer la véritable démocratie en Centrafrique et puis le troisième objectif c’est de permettre à  ce pays qui regorge de ressources de nourrir les Centrafricains convenablement et c’était la théorie de MLPC, le sous-sol nourrit le sol et le sol nourrit l’homme. Nous y sommes parvenus après 14 ans de lutte en 1993 et c’est là  le MLPC une fois au pouvoir a effectivement posé comme premier acte la relecture totale de la Constitution parce que la Constitution du parti unique qui était en vigueur jusque-là  et qui restreignait les libertés et le nombre des institutions a été abolie et il a été mis en place une Constitution qui fait éclore la liberté individuelle et collective et permettre l’expression populaire et la mise place des certaines institutions comme le Haut Conseil de la Communication qui a permis aujourd’hui d’avoir plusieurs radios privées, plusieurs télévisions privées et des journaux privés.

N’oublions pas qu’avant c’était la pensée unique de tout ce qui n’était pas permis. Cela pouvait entraîner pour son auteur la prison ou une situation désagréable. Donc tout cela a disparu sous le MLPC parce que le MLPC avait amené la liberté. Là  où la gestion du MLPC a été difficile, c’est sur le plan économique pour une raison simple. Trois ans avant les élections de 1993 ce pays vivait une période d’années blanches et il y avait deux années de grèves au niveau de la fonction publique.

Quand le MLPC est arrivé au pouvoir, il a remis la population et l’administration au travail. Malheureusement en janvier 1994 c’est-à -dire 3 mois après la prise de fonction du Président Patassé, c’était la dévaluation du franc CFA et cette dévaluation n’avait pas été préparée, comme je disais, l’administration était en grève depuis 2 ans plus 3 années blanches et donc les difficultés économiques étaient multipliées et les institutions financières et tous les créanciers exigeaient le payement de la dette avant d’assister le pays sur le plan économique et c’est là  où apparut les premiers arriérés de salaire qui a servi comme le terreau à  l’irrédentisme militaire avec des mutineries etc…qui ont fragilisé le régime du MLPC et sur le plan économique.

Après notre chute en 2003, le MPLC n’a pas baissé le bras et a continué à  se battre pour les mêmes objectifs du départ c’est-à -dire l’accession au pouvoir, pour la liberté et puis travailler pour le bien-être du pays et de sa population.

RJDH : L’anniversaire placé sous le thème «République, démocratie et paix» n’est un thème anodin. Pourquoi ce thème?

MZ : La République parce que nous sommes battus pour la République. Vous savez que c’est en allant installer le drapeau de la République Centrafricaine à  Berberati qu’à  son retour, l’avion du Président Boganda s’est écrasé dans la Lobaye et qu’il était décédé. Donc il est mort pour la République et notre engagement premier c’était la restauration de la République.

Pourquoi la paix ? C’est parce que sans elle, on ne peut rien faire et la réconciliation, parce que le MLPC est une grande famille. Il y’a eu des périodes dans l’histoire du parti où la lecture différente est apparue où des situations nouvelles ont favorisé un certain nombre d’absences des camarades et nous pensons que pour avancer et surtout pour offrir aux Centrafricains des raisons d’espérer, il faut que le MLPC soit uni dont la réconciliation est au centre de notre démarche.

RJDH : Qu’en est-il aujourd’hui du rajeunissement du parti ?

MZ : Nous avons programmé de commencer dès lundi le 25 au 27 février 2019 la session ordinaire du conseil politique national du MLPC qui ne s’est pas réuni depuis novembre 2014 et l’objectif est clair, c’est de revoir le parti dans ses méthodes, dans ses organisations et ses fonctionnements etc… Pour préparer la relève et l’insertion des jeunes dans tous les échelons des décisions du MLPC, parce que le parti a 40 ans et pour les 40 ans à  venir, il faut qu’aujourd’hui les jeunes soient à  la commande pour conduire le parti vers la nouvelle lutte.

RJDH : Depuis quelque temps, le MLPC ne fait que tenir des réunions du Conseil Politique National(CPN) en lieu et place du Congrès proprement dit. N’est-ce pas un sujet de frustration pour vos camarades membres laissés en rade?

MZ : Non cela ne peut pas être un sujet de frustration. Le MLPC a été créé en 1979, son premier congrès a eu lieu en 1995 c’est-à -dire le premier Congrès a eu lieu 16 ans après sa création et après il y’a le deuxième Congrès en 2004 et le troisième en 2007. C’est vrai que depuis 2007 nous n’avons fait que des congrès extraordinaires mais après la réunion politique du conseil national qui aura lieu au courant de cette semaine, on fixera la date du 4ème Congrès dénommé « Congrès de l’unité ».

RJDH : En dehors du bureau politique qui fonctionne, qu’en est-il des organes tels que le Conseil des sages, la commission de contrôle de l’arbitrage?

MZ : Tous les organes du parti fonctionnent. Le président du conseil des sages est Dobozendi que nous venions de perdre il y’a un mois. La Commission du contrôle de l’arbitrage fonctionne normalement elle aura d’abord à  rendre son rapport lors de la session du conseil politique national au début de cette semaine. L’objectif de la session que nous venons de convoquer c’est de renforcer ces organes en cooptant des jeunes pour qu’ils entrent dans ces organes statutaires et apprendre en faisant comme disent les Anglais learn by doing pour que demain ils soient capable de gérer le MLPC.

RJDH : Président Martin Ziguélé, merci !

MZ : C’est à  moi de vous remercier.

Source : ABangui

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