Juan Guaido: «Nous vous demandons d’envisager toutes les éventualités»

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L’opposant vénézuélien Juan Guaido, président autoproclamé par intérim, a appelé samedi soir la communauté internationale à envisager « toutes les éventualités » face au président Maduro, après une journée marquée les violences aux frontières du pays.

« Nous vous demandons d’envisager toutes les éventualités », a lancé samedi soir l’opposant vénézuélien, président autoproclamé par intérim, lors d’une déclaration à la presse dans la ville colombienne de Cucuta.

Juan Guaido a dénoncé les violences qui ont marqué la journée de samedi lors de laquelle les forces de sécurité vénézuéliennes ont répimé des manifestants et barré le passage de la frontière à des camions d’aide humanitaire. Des heurts aux frontières qui ont fait au moins deux morts, selon l’ONG Foro Penal et 300 blessés selon le gouvernement colombien notamment.

« Nous ne nous reposerons pas jusqu’à obtenir la liberté du Venezuela », a affirmé le chef du Parlement vénézuélien. Il a ajouté qu’il participerait à la réunion du Groupe de Lima prévue lundi à Bogota.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a également condamné dans la soirée les violences, qualifiant de « brutes » les forces de sécurité du président Nicolas Maduro. « Les Etats-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s’opposent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela. Maintenant, le temps est venu d’agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré », a-t-il écrit sur Twitter.

Secretary Pompeo

@SecPompeo

The U.S. will take action against those who oppose the peaceful restoration of democracy in . Now is the time to act in support of the needs of the desperate Venezuelan people. We stand in solidarity with those continuing their struggle for freedom.

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Maduro rompt ses relations diplomatiques avec la Colombie

« J’ai décidé de rompre les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement fasciste de Colombie dont les ambassadeurs et consuls ont 24 heures pour quitter le Venezuela », avait déclaré un peu plus tôt le président vénézuélien Nicolas Maduro devant un rassemblement de ses partisans à Caracas.

« Ma patience est épuisée, je ne peux plus le cacher, nous ne pouvons plus supporter que le territoire colombien soit utilisé pour des attaques contre le Venezuela. C’est pour cette raison que j’ai décidé de rompre toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement fasciste colombien », a déclaré Nicolas Maduro dans un discours.

« Sortez d’ici, dehors les oligarques ! » a-t-il lancé, ajoutant : « Ivan Duque, tu es le diable, jamais un gouvernement de Colombie n’était tombé aussi bas ».

Les relations entre le Venezuela et la Colombie ont toujours été houleuses, en particulier depuis l’arrivée d’Ivan Duque au pouvoir. Mais le soutien du pays à l’opposition de Juan Guaido pour faire entrer l’aide humanitaire a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, rapporte notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille.

Samedi, le président colombien Ivan Duque était aux côtés de l’opposant vénézuélien, autoproclamé président par intérim Juan Guaido à Cúcuta, ville colombienne à la frontière avec le Venezuela.

« Nous avons constaté des attitudes lâches et dangereuses de la part de la dictature, qui a amené des « colectivos » à certains endroits pour générer des troubles et empêcher l’aide humanitaire d’atteindre leur territoire, commettant ainsi ce qui pourrait constituer un crime grave contre l’humanité », a écrit le président colombien Ivan Duque sur son compte Twitter, tout en publiant des extraits vidéo de la conférence de presse aux côtés de Juan Guaido.

Vidéo intégrée

Iván Duque

@IvanDuque

Hemos visto actitudes cobardes y peligrosas por parte de la dictadura, que ha llevado colectivos a algunos lugares para generar disturbios y evitar que la ayuda humanitaria llegue a su territorio, cometiendo lo que podría convertirse en un grave delito de lesa humanidad.

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Bras de fer dans la rue à Caracas

Alors que la pression s’intensifiait à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, dans la capitale vénézuélienne, Caracas, manifestants de l’opposition et du pouvoir sont sortis dans la rue. Comme à chaque fois donc, c’est un bras de fer dans la rue, qui semble une fois de plus avoir tourné largement à l’avantage de l’opposition, rapporte notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille.

Les partisans de l’opposant Juan Guaido, président par intérim autoproclamé lors d’une manifestation à Caracas, le 23 février 2019.REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Les manifestants de l’opposition ont commencé à se rassembler dans différents points de la capitale à partir de 10h du matin. L’ambiance était très festive. Ils se disaient gonflés à bloc par le succès du concert qui s’est tenu la veille en Colombie.

Rapidement, une marche s’est lancée vers l’autoroute qui traverse Caracas en son centre, une autoroute rapidement débordée par la masse impressionnante de manifestants. Le but était de s’approcher de la base militaire de la Carlota qui la longe pour exhorter l’armée de laisser passer l’aide humanitaire à la frontière.

Malgré la joie de se voir aussi nombreux, il y avait aussi beaucoup d’inquiétude vis-à-vis de la situation à la frontière. Beaucoup de personnes ne lâchaient pas leur téléphone et les réseaux sociaux. Certains utilisaient la radio de leur moto pour suivre la situation en temps réel. L’annonce du passage d’un camion d’aide par le Brésil a immédiatement entraîné une immense liesse populaire.

Côté chaviste, près du palais présidentiel l’ambiance était moins festive et la foule moins nombreuse. Beaucoup de fonctionnaires venus de plusieurs villes aux alentours de Caracas. Selon eux, ce qui se passe à la frontière n’est ni plus ni moins le début d’une intervention militaire et ils se disent prêts à mourir pour Nicolas Maduro et pour la souveraineté du Venezuela.

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