RCA : extrême tension à  Bouar après un projet d’expropriation forcée d’un quartier.

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Développement


Depuis quelques jours, la ville de Bouar, capitale provinciale de la Nana-Mambéré est sous tension extrême après une décision de l’État-major de l’armée nationale d’exproprier dans 60 jours tout un quartier résidentiel.

Selon le chef de corps des FACA qui a transmis le message de l’État-major des armées aux propriétaires fonciers du nouveau quartier situé derrière le camp de Roux de Bouar, dans 60 jours au plus tard, l’armée nationale va procéder à  la démolition totale des bâtiments construits dans le secteur.

Si l’État-major se croit tout puissant pour appliquer sa propre loi en déhors de la justice nationale, sa décision provocatrice est par contre très mal appréciée à  Bouar parmi la population.

Selon le collectif des résidents dudit quartier contacté par CNC, le domaine dans lequel l’État-major se dit propriétaire n’appartient aucunement à  l’armée nationale, bien au contraire.

à€ en croire à  leur déclaration, le propriétaire dudit domaine serait un centrafricain d’origine française qui l’a légué à  sa belle famille centrafricaine avant sa mort. Et il y’a des documents officiels qui le prouvent.

Les années passent, la population augmente.

Quelques années plus tard, le domaine est menacé par la poussée des habitations dans le secteur.

Les légataires n’ont pas des moyens pour construire sur cette étendue d’environ 400 hectares. à€ ce titre, ils ont décidé de vendre par lotissement aux particuliers depuis plusieurs années comme on a vu à  Bangui aux quartiers PK10 et PK11.

En 2019, on compte plus d’un millier d’habitants dans le secteur et l’État-major ne pense à  leur sort si jamais l’armée les expulse par force.

La colère de la population

Ce qui est plus choquant dans l’affaire, selon les rumeurs persistantes qui circulent, l’État-major souhaite attribuer le domaine exproprié aux Chinois et Russes pour leur construction.

à€ Bouar, on crie à  la haute trahison et c’est le Président Faustin Archange TOUADERA qui fait les frais. On critique partout cette décision. Certains, plus extrémistes pensent même à  la création d’une milice armée pour défendre leur droit, car dans ce pays, disent-ils, c’est le langage des armes qui marchent.

Selon le collectif, aucune démarche officielle de la part du gouvernement n’a été faite auprès des propriétaires pour des mesures de compensation si jamais l’armée décide d’exproprier le domaine par la force.

Où est la Justice ?

Dans un pays de droit, tout passe par la décision judiciaire après un débat contradictoire. Mais en République centrafricaine, c’est la force qui commande. Pourtant, on dit que « nul n’est au-dessus de la loi », même le Président de la République.

Pour une vie construite en plusieurs années, en 60 jours, on décide de tout détruire sans se soucier des conséquences possibles sur des centaines des familles qui vont probablement se retrouver dans les rues comme des clochards. Incroyable !

Après, le gouvernement et le Président de la République diront qu’ils ne sont pas au courant de cette catastrophe en préparation.

Affaire à  suivre.

Source : ABangui

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