Côte d’Ivoire : Proche de Soro, Alain Lobognon enfin libre !

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Une peine de 12 mois, revue à la baisse, à 6 mois avec sursis. C’est ce qui a mis fin au séjour carcéral d’Alain Lobognon, le député de Fresco à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan où il était détenu depuis le 15 janvier. «Une décision mi-figue, mi-raisin», commente un des avocats de l’ex-ministre des Sports d’Alassane Ouattara, un proche de Guillaume Soro, l’ex-président de l’Assemblée nationale. Sans prolonger sa détention, le verdict confirme sa condamnation pour, entre autres, «propagation de fausses nouvelles».

En tout et pour tout, Alain Lobognon aura passé 29 jours à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) où il était détenu depuis le 15 janvier dernier. Après ces journées, parmi les plus incertaines de sa vie, une grève de la faim qui lui a fait perdre quelques kilos, le député de Fresco a été libéré dans la foulée de son audience du 13 février, devant la Cour d’appel d’Abidjan.

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De 12 mois ferme à 6 mois avec sursis avec relaxe d’Alain Lobognon

Dès l’ouverture de l’audience, le dénouement semblait prévisible. Les avocats d’Alain Lobognon, apparu dans le prétoire avec son écharpe de député -ce qui ne lui avait pas été autorisé en première instance-, n’ont pas cru leurs oreilles lorsque c’est Marie-Leonard Lebry, le procureur général a demandé dans son réquisitoire de ramener la peine du parlementaire de 12 à 6 mois avec sursis avec relaxe immédiate de l’accusé.

A l’audience du 29 janvier dernier, le député de Fresco, arrêté une dizaine de jours plus tôt, avait été condamné à un an de prison ferme pour «propagation de fausse nouvelle, incitation à la violence et trouble à l’ordre public». Ni son immunité parlementaire, ni le soutien apporté par le Bureau de l’Assemblée nationale alors présidée alors par Guillaume Soro, ne l’ont protégé d’un séjour à la Maison d’arrêt et de correction.

Le 9 janvier, sur son compte Twitter, Alain Lobognon avait annoncé que Richard Christophe Adou, le procureur du Plateau avait émis un mandat d’arrêt contre son collègue Jacques Ehouo, le député-maire du Plateau, élu sous la bannière du PDCI d’Henri Konan Bédié. Ce dernier avait finalement été convoqué, puis inculpé sans être mis aux arrêts, le lendemain du tweet, pour «détournements», « blanchiment », « faux et usage de faux», après une enquête de la police économique.

Alain Lobognon n’avait pas bénéficié de son immunité, le procureur estimant qu’il avait commis un «flagrant délit». C’est donc l’audience de ce 13 février, pendant laquelle Ali Yeo, le président de la Cour d’Appel, a décidé de suivre le réquisitoire du procureur, qu’Alain Lobognon a été libéré.

« C’est une décision mi-figue-mi-raisin. Pour lui et sa famille, c’est une bonne chose. […]Aucun élément ne permettait de condamner notre client (…) Nous voulions un acquittement total », commente auprès de l’AFP, Me Affoussiata Bamba Lamine.

Affaire Lobognon, toile de fond des relations distendues Ouattara-Soro

« Libre. J’ai retrouvé les miens, mon épouse, mes enfants, mes Amis», a écrit à nouveau Alain Lobognon sur son compte twitter.

Avant de recouvrer à nouveau sa liberté de tweeter, cet ancien ministre des Sports d’Alassane a été reçu par Guillaume Soro qui ne s’est pas privé de quelques piques sur le pouvoir. « C’est vrai que quand on n’a jamais connu l’univers carcéral on a tendance à l’ériger en mode de gouvernance », a écrit l’ex-président de l’Assemblée nationale en partageant des photos de son audience avec Alain Lobognon.

La toile de fond de l’arrestation puis de la libération tout aussi surprenante du proche de Soro est-elle la perspective 2020? Distendues depuis la mise en place du parti unifié, les relations entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro ne sont plus très bonnes. Avant même sa démission du perchoir de l’Assemblée nationale, visiblement sur un désaccord affairant au RHDP, les observateurs ont fait remarquer l’arrestation de proches de Guillaume Soro, les attaques de proches d’Alassane Ouattara contre le président de l’Assemblée nationale, comme une manière de minimiser son auréole d’influence.

Maintenant qu’il a quitté le perchoir, Guillaume Soro cultive, dans l’humour, parfois le sarcasme, un lien de proximité avec l’électorat. Mais les spéculations vont bon train: Va-t-il se positionner comme candidat pour la présidentielle de 2020 ? Fera-t-il un ticket avec Henri Konan Bédié du PDCI ? Faut-il s’attendre à un rapprochement avec Laurent Gbagbo, récemment libéré? L’intéressé reste muet même si tout le monde sait qu’il est habitué aux contrecoups face aux pronostics.

Source : La Tribune Afrique

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