Centrafrique : l’accord de paix ne prévoit pas d’amnistie, mais des examens au cas par cas (gouvernement)

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Le gouvernement centrafricain a confirmé lundi que l’accord de paix conclu entre le gouvernement et 14 groupes armés, dont la publication serait imminente, ne comprendrait pas d’amnistie, même si les actes de chacun seront examinés au cas par cas.

Selon le ministre de la Communication et des Médias, Ange-Maxime Kazagui, on n’attend plus que la signature des dernières personnalités avant que son contenu ne soit dévoilé. Ces signatures devaient être apposées à  la fin lundi du 32e sommet de l’Union africaine à  Addis-Abeba (Ethiopie) par des diplomates des pays voisins de la Centrafrique et impliqués dans la mise en œuvre dudit accord.

Pour donner un avant-goà»t du contenu de l’accord, M. Kazagui a évoqué les engagements pris par les deux parties.

Du côté du gouvernement, a-t-il indiqué, il est question de tout mettre en œuvre pour éradiquer les causes profondes générant les crises, citant davantage de décentralisation, les collectivités territoriales et les circonscriptions administratives afin que tout ne soit plus concentré à  Bangui, la capitale.

Les réformes prévues concernent, entre autres, des recrutements dans la fonction publique et dans l’armée. Sur le plan politique, M. Kazagui a souligné la nécessité pour le chef de l’Etat Faustin-Archange Touadéra de réaménager le gouvernement conformément aux nouvelles exigences.

Appelés à  être dissous, les groupes armés, selon le ministre, se sont pour leur part engagés à  respecter l’ordre constitutionnel, l’intégrité du territoire, ainsi qu’à  renoncer aux armes et à  la violence pour faire valoir leurs revendications. Ils sont de plus appelés à  ne plus occuper ou à  détruire des biens publics et privés.

Afin d’aider au redéploiement de l’Etat, ces groupes armés sont sommés de ne pas faire obstacle au déploiement de l’administration, à  lever tous les barrages illégaux, à  cesser de collecter illégalement des impôts et à  tout faire pour encourager le retour des déplacés.

Dans le souci de faire la différence avec les accords de paix antérieurs, M. Kazagui a mis en exergue l’engagement de toutes les parties, à  savoir le gouvernement centrafricain, les chefs des groupes armés, les pays limitrophes, l’Union africaine et l’ONU, qui se mêleront dans la mise en œuvre de l’accord de paix.

Le ministre a par ailleurs annoncé la mise en place d’un comité conjoint de suivi, tant au niveau national qu’au stade préfectoral, chargé de préparer le terrain à  une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR). Mais il a martelé qu’il n’y aurait pas d’amnistie et que les actes des uns et des autres seront examinés au cas par cas.

Ange-Maxime Kazagui a prévenu que des annexes du l’accord comprenaient des mesures coercitives applicables par les casques bleus de la mission onusienne en Centrafrique (MINUSCA) en cas de violation des dispositions.

L’accord de paix sanctionnant les pourparlers inter-centrafricains est une initiative de l’Union africaine. Il a été négocié à  huis clos du 24 janvier au 2 février dernier à  Khartoum au Soudan. Il a été paraphé par les parties le 5 février dans la capitale soudanaise, puis signé par les mêmes acteurs le lendemain à  Bangui.

Source : ABangui

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