Le Gouvernement et les groupes armés décident de marcher ensemble vers la paix

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Cérémonie


C’est dans une ambiance solennelle qu’a eu lieu la signature de l’accord de paix et de réconciliation en République centrafricaine entre le gouvernement et les 14 groupes armés reconnus, mercredi au Palais de la Renaissance à  Bangui, sous le regard des Centrafricains et des amis et partenaires de la RCA, représentés par les diplomates en poste à  Bangui et par des officiels venus spécialement des pays voisins.

La cérémonie a eu deux parties. Une première, qui a vu se succéder les chefs de 11 sur les 14 groupes armés – 3R, Seleka rénovée, Anti-Balaka/aile Ngaissona, Anti-Balaka/aile Ngaissona, UFR-F, RJ Sayo, RJ Belanga, RPRC, FDPC, MPC et MLCJ – pour apposer leur signature au bas du texte (le FPRC, UPC, UFR l’avaient déjà  signé), suivis en cela par le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra ainsi que les garants de l’accord – l’Union Africaine (UA), les Nations unies et la CEEAC – et deux pays facilitateurs – Tchad et République du Congo. Les autres facilitateurs le feront à  Addis-Abeba, à  l’occasion d’une réunion du conseil exécutif de l’UA qui s’est ouverte jeudi 7 février 2019.

Puis, ont suivi les allocutions de Smail Chergui, du Commissaire à  la paix et à  la sécurité de l’UA et facilitateur des pourparlers de Khartoum où l’accord a été obtenu, Jean-Claude Gakoso, ministre des Affaires étrangères de la République du Congo, Parfait Onanga-Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA et du Chef de l’Etat centrafricain.

Le Représentant spécial a réaffirmé l’appui sans réserve des Nations Unies dans cette étape capitale avant d’exhorter les parties signataires à  bânnir l’esprit de la division et de la violence. « Je vous exhorte à  rester sourds au tumulte de tout ce qui hors contexte et dans le confort coupable des réseaux sociaux, travestissent les faits et tentent de manipuler la réalité. Toutes personnes éprises de paix devraient s’en méfier comme du poison de la division d’où germe souvent l’exclusion de l’autre, la violence aussi », a indiqué le Représentant spécial. « Mais, contre les cyniques et le découragement, inévitable dans ce genre d’entreprise humaine et titanesque, souvenez-vous aussi que « Quelle que soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par se lever. » Aujourd’hui, le jour se lève à  nouveau pour la Centrafrique. Ne doutez pas! Ne l’assombrissez pas! Peut-être le premier écueil à  éviter c’est de ressasser le passé», a-t-il renchéri.

Le président de la Commission de l’UA a pour sa part, appelé les parties signataires à  s’approprier l’accord « comme il se doit ». « Il ne faut pas qu’il ne soit un énième accord comme disent les sceptiques et pessimistes. Il faut à  jamais faire taire les armes, le pouvoir n’est pas au bout du fusil, il ne s’agit pas d’une lutte pour l’indépendance. Il est plutôt dans les urnes », a-t-il dit. Et d’ajouter : « faites de la réconciliation nationale votre credo, respectez vos engagements. Dieu, Allah, Nzapa, est témoin, le peuple centrafricain, la région, le continent africain, le monde sont témoins et nous sommes très regardants pour l’application effective et de bonne foi de cet accord ».

Dans son allocution, le Chef d’Etat Faustin Archange, s’engage à  la mise en œuvre sincère de cet accord de paix pour le bien de tous : « oui, nous n’allons pas nous dérober. Nous avons réussi à  bâtir des compromis historiques, à  plus d’un titre. Je ne trahirai pas mon peuple. Je ne renierai pas mon Serment ! Je mettrai toutes mes énergies pour que l’Accord de paix conclu à  Khartoum et signé à  Bangui soit mis œuvre ».

Le Chef d’Etat a annoncé une série de mesures, la base des actions pour accompagner la mise en œuvre l’accord de paix, notamment la gouvernance inclusive, la redynamisation du cadre de fonctionnement des partis politiques et la mise en place d’une commission justice Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation. « Il sera mis en avant, notamment, la conduite diligente du processus d’adoption du code sur les collectivités locales dont la mise en œuvre va nous permettre d’élargir la base de participation aux affaires publiques de toutes les parties prenantes à  l’Accord, en assurant que la décentralisation participe davantage à  affermir le rêve d’une nation plurielle, d’un pays uni et d’un peuple solidaire partageant une communauté de destin », a dit le Président.

« Relativement à  la problématique de la justice et de la réconciliation nationale, Je suis particulièrement heureux que, dans leur grande sagesse, toutes les parties au Dialogue de Khartoum, se soient convenues de réaffirmer le principe de lutte contre l’impunité pour mettre en avant le triptyque justice, réparation et réconciliation. Sans attendre, nous allons nous atteler à  la mise en place d’une commission inclusive qui sera le dispositif approprié pour offrir à  nos compatriotes les instruments d’une justice qui promeut la vérité, la réhabilitation des victimes et la réconciliation nationale », a-t-il ajouté.

Source : ABangui

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