Accord avec les groupes armés : l’espoir d’un retour de la paix en Centrafrique

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Sur fonds d'appartenances ethnico-religieuses, la Centrafrique a sombré dans une instabilité presque chronique depuis la chute de François Bozizé en mars 2013.

Centrafrique. La date de signature officielle du texte arraché de hautes négociations sous l’égide de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU) marquera les annales. A Khartoum, ce 5 février est une date qui marque peut-être un tournant décisif. Les représentants des groupes armés ont paraphé avec le pouvoir de Faustin Archange Touadéra, un projet d’accord pour un retour de la paix en Centrafrique. C’est le huitième projet du genre. Mais en dépit des bonnes volontés, permettra-t-il de pacifier définitivement le pays ? En tout cas, l’espoir est grand.

Dix jours de discussion, un report dû à un décalage calendaire, des faux-fuyants parmi les représentants des groupes armés. Au final, malgré les écueils l’UA et l’Onu ont fait parcourir du chemin aux différents protagonistes de la crise en Centrafrique pour arracher le paraphe du texte.

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Signature effective ce mercredi 6 février à Bangui

A Khartoum, tour à tour, les 14 représentants des groupes rebelles et Faustin Archange Touadéra, ont pré-signé, en présence d’Omar El Bechir du Soudan et de Moussa Faki Mahamat de la Commission de l’UA, le texte du projet d’accord de paix.

Ce dernier avait été arraché, samedi dernier, au terme de négociations entamées dix jours plus tôt et parrainées par l’UA et l’ONU. Et ce huitième projet du genre n’est que la moitié du chemin vers la paix.

Après avoir érigé un mur du silence autour de la date de signature de l’accord de Khartoum, les autorités centrafricaines ont fini par faire savoir que la signature effective du projet de texte aura lieu ce mercredi 6 février au siège de l’Assemblée nationale centrafricaine à Bangui.

A ce moment-là, tous les signataires du texte préliminaire devront repasser pour y apposer leur signature finale. La date sera alors entrée dans l’histoire comme marquant l’aboutissement des premières négociations pour tenter de ramener la paix dans la paix, là où sept autres tentatives ont échoué.

Secret autour du texte, vent d’espoir de paix

Pour l’heure, le plus grand secret entoure le contenu de l’accord de paix qui ne sera dévoilé qu’à Bangui. Celui-ci devrait aborder des questions hautement sensibles pour la réconciliation nationale, notamment les questions de justice transitionnelle avec l’épineuse question de l’impunité/amnistie de futurs ex-membres de groupes armés. Autre point sensible, la question de la réunification du pays et de la formation d’un gouvernement de transition où doivent se côtoyer d’ex-rebelles et des loyalistes.

Sur fonds d’appartenances ethnico-religieuses, la Centrafrique a sombré dans une instabilité presque chronique depuis la chute de François Bozizé en mars 2013. La lutte de pouvoir entre la faction des anti-Balaka (majoritairement chrétiens) et la faction de la Séléka (majoritairement musulman) plonge le pays dans une spirale de violences et d’insécurité, dont la liste des victimes d’exactions (tueries, viols, blessures…) est encore provisoire et sans chiffres officiels.

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Les négociations pour (r)amener les groupes armés à la table des négociations se sont heurtées soit aux atermoiements des mêmes groupes. D’un autre côté, bien souvent ces négociations ou tentatives de conciliation se sont souvent fracassées sur le mur de la lutte d’influence entre grandes puissances notamment la France et la Russie. C’est dire que ce huitième accord qui devrait être signé à Bangui ce mercredi soulève à nouveau un vent d’espoir de voir la paix s’abattre sur la Centrafrique pour un conflit qui n’a que trop duré.

Source : La Tribune Afrique

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