Réforme de la constitution : Al Sissi, le Pharaon qui veut régner deux décennies sur l’Egypte

0
112
Si la réforme est adoptée, Abdel Fattah Al Sissi pourrait rester théoriquement au pouvoir jusqu'en 2034.

A peine confirmer sur le fauteuil du Palais d’El Orouba qu’Abdel Fattah Al Sissi se voit déjà aménager une porte pour y rester au-delà de 2022. Ce dimanche, un projet déposé par des députés du parti au pouvoir envisage de réaménager la constitution égyptienne afin d’ouvrir le boulevard à un troisième mandat au président égyptien. Ce qui ne manque pas de faire jaser dans le pays et même au-delà.

Il fallait réunir au moins un cinquième des 596 députés qui siègent au Parlement. Ce dimanche 3 janvier, la Coalition « Soutien à l’Egypte» l’a fait. Avec le soutien de 120 députés, la majorité présidentielle a déposé un projet de loi d’aménagement de la constitution égyptienne pour faire sauter le verrou de la limitation du mandat du président de la République.

Lire aussi : CAN 2019 : l’Egypte accueillera la première compétition à 24 équipes

Al Sissi jusqu’en 2034 avec un mandat qui passe de 4 à 6 ans

Dans le projet, outre le retour d’un Parlement à deux chambres, un allongement de la durée du mandat du président de 4 à 6 ans puis une limitation de ce mandat à deux exercices. Réélu en mars dernier après avoir écarté tous les prétendants sérieux, Abdel Fattah Al Sissi  est le grand bénéficiaire de cette mesure. A l’expiration de son mandat actuel en 2022, le locataire du Palais d’El Orouba pourrait rester théoriquement au pouvoir jusqu’en 2034.

« Les amendements concernent moins de dix articles de la Constitution, y compris celui sur la durée du mandat présidentiel, pour l’étendre à six ans. Cela pourra être appliqué une fois approuvé par référendum, et ainsi le président Sissi pourra être éligible pour se présenter de nouveau», a confié à l’AFP, Jean Talaat, un des élus de la majorité présidentielle.

Et pourtant, avant la présidentielle de mars 2018, Abdel Fattah Al Sissi ne semblait pas vouloir suivre la logique des présidents africains tentés par un troisième mandat même au prix de réaménagements dans la loi fondamentale du pays. «Je suis pour conserver deux mandats de quatre ans», avait confié lors d’une interview sur la chaîne américaine CNBC, Abdel Fattah Al Sissi, insistant sur le fait qu’il ne voulait pas modifier la Constitution pour s’assurer un troisième mandat.

Un record proche de celui de Hosni Moubarak

Réélu avec un score soviétique de 97%, Abdel Fattah Al Sissi trône à la tête d’une large coalition de plus de 500 députés. Avec une opposition quasi-inexistante, le projet d’amendement du texte constitutionnel passerait comme une lettre à la poste. La validation référendaire à laquelle il est conditionné ne sera qu’un faire-valoir si l’on voit le déroulement de la présidentielle de mars 2018.

Lire aussi : Ethiopie : le gouvernement approuve l’adhésion à la Zone de libre-échange continentale

Tranquillement, le Pharaon de 64 ans s’achemine vers un règne de deux décennies, proche du record d’un certain… Hosni Moubarak (29 ans au pouvoir) dans le palmarès des records de longévité au pouvoir en Afrique. Ce dernier avait été balayé par une révolution. Tout un symbole !

Source : La Tribune Afrique

Laisser un commentaire