RCA : une experte de l’ONU appelle à  la fin immédiate des violences

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L`experte


L’experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine (RCA), Marie-Thérèse Keïta-Bocoum, a appelé vendredi toutes les parties impliquées dans le processus de paix à  prendre un « engagement sincère et urgent » en faveur du retour de la sécurité dans le pays.

Différentes parties centrafricaines dont des groupes armés sont actuellement réunies à  Khartoum, la capitale du Soudan, pour parvenir à  un accord de paix.

« Si des groupes armés revendiquent leur place dans le processus de paix, ils doivent immédiatement mettre fin à  la violence », a déclaré Mme Keïta-Bocoum à  l’issue d’une mission de 10 jours en RCA. « Leurs actions ont fait trop de victimes civiles, démontrant leur mépris apparent pour la dignité humaine, la réconciliation et le droit au développement », a ajouté l’experte.

Mme Keïta-Bocoum a condamné les attaques survenues ces dernières semaines à  Alindao, Batangafo, Bambari et récemment à  Ippy.

Au cours de sa mission en Centrafrique, l’experte a entendu les appels en faveur de la paix et de la réconciliation émanant des autorités centrafricaines, de la société civile, des associations de victimes, des groupes humanitaires et des partenaires techniques et financiers.

« Tous les éléments sont en place pour assurer une croissance ambitieuse et prospère en République centrafricaine, conformément aux Objectifs des Nations Unies pour le développement durable. L’accord de paix en cours de discussion et le rétablissement de la sécurité pourraient permettre le lancement de grands projets », a déclaré Mme Keïta-Bocoum.

Appuyer l’insertion professionnelle et sociale des jeunes Centrafricains
Mme Keïta-Bocoum a salué les efforts récemment déployés pour organiser des consultations nationales avec les femmes et a appelé à  renforcer leur participation à  la vie publique et politique. Au cours de sa visite en RCA, Mme Keïta-Bocoum a rencontré des groupes représentant des jeunes, y compris des étudiants et des mineurs démobilisés ayant pris part au conflit. Elle a souligné l’urgence de fournir à  ces jeunes des offres de formation, un soutien psychologique et toute autre aide nécessaire à  leur insertion professionnelle et sociale.

« L’adoption d’un code de protection de l’enfant, la construction de centres d’accueil et de formation professionnelle, la rénovation d’écoles et l’adaptation de la justice pour mineurs aux normes internationales sont des impératifs nationaux respectant l’intérêt des jeunes de la République centrafricaine et pour prévenir leur implication dans les conflits armés », a souligné l’experte.

« L’Etat doit renforcer ses engagements en faveur de la création et de l’amélioration des services de santé, d’éducation et des services sociaux, et redéployer l’administration civile, dans la mesure du possible », a déclaré l’experte de l’ONU qui a également appelé à  une évaluation du plan national de relèvement et de consolidation de la paix en RCA, axée sur les règles de bonne gouvernance et les intérêts réels de la population.

Les droits d’accès à  la justice et à  un procès équitable doivent être respectés
En Centrafrique, Mme Keïta-Bocoum a également examiné les questions relatives à  la justice pénale. Elle a salué les actions de la Cour pénale internationale (CPI), le début des travaux de la Cour pénale spéciale (CPS), la tenue de sessions par la cour d’assises, et a souligné qu’il importait d’assurer leur viabilité financière et technique.

Cependant, après avoir visité les prisons des femmes et des jeunes, Mme Keïta-Bocoum a déploré le nombre important de détenus de longue durée qui ne disposent d’aucune information sur leur dossier judiciaire, ni d’assistance juridique. « J’exhorte les magistrats à  remédier à  ces violations du droit d’accès à  la justice et du droit à  un procès équitable ».

Au cours de sa visite, l’experte a participé à  un séminaire sur la justice transitionnelle réunissant près de 60 représentants du gouvernement, d’organisations internationales, du corps diplomatique et de la société civile, et les a encouragés à  maintenir le cadre des discussions en vue d’élaborer une feuille de route cohérente en matière de justice transitionnelle pour s’attaquer aux causes profondes du conflit et garantir leur non-répétition.

« Les participants devraient se pencher sur la création d’une commission vérité et réconciliation et réfléchir sans plus tarder aux programmes de réparations et au retour des personnes déplacées et des réfugiés. La République centrafricaine doit garantir les droits des personnes déplacées et faciliter le retour volontaire dans leurs foyers, pierre angulaire de la réconciliation nationale », a souligné l’experte des Nations Unies.

L’experte indépendante rendra compte de sa mission au Conseil des droits de l’homme à  Genève le 20 mars 2019.

Source : ABangui

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