Mali : un accord avec le gouvernement met fin à la série de grève des travailleurs

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Face à l'amplification des revendications sociales, le chef de l'Etat, Ibrahim Boubakar Keita (à droite), et son premier ministre, Soumeylou Bouba Maiga, prônent le dialogue.

Le gouvernement malien et la principale centrale syndicale du pays sont finalement parvenus à un accord qui met fin au cycle de grèves qui paralysent l’administration et freinent l’économie du pays. Les autorités ont accédé à la grande partie des doléances des syndicats, ce qui risque d’amplifier les surenchères dans un contexte sociopolitique et surtout sécuritaire délicat.

Les menaces de la principale centrale syndicale du Mali ont fini par payer. Les négociations auxquelles s’est finalement résolu le gouvernement ont permis de trouver un accord avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) qui a ainsi décidé de surseoir à la nouvelle grève qu’elle projetait du 11 au 15 février, à la suite de celle déjà observée du 9 au 11 janvier et qui a été largement suivie par les travailleurs maliens.

A l’issue des négociations qui ont perduré jusqu’au mardi 29 janvier dernier, les deux parties ont annoncé avoir conclu un accord qui satisfait visiblement tout le monde. «Au regard des avancées notables sur les points de revendication, l’UNTM a décidé de lever son mot d’ordre de grève de 120 heures allant du 11 au 15 février 2019», a confirmé dans une déclaration à la presse Seydou Diarra, président de la commission de négociations. Selon la même source, sur les 12 points revendiqués par la puissante centrale, un accord a été trouvé sur 11 points, et pour le dernier, les discussions vont se poursuivre.

L’accord a été par la suite confirmé par Diarra Raky Talla, ministre du Travail et de la fonction publique, également chargé des Relations avec les institutions. Elle a en ce sens rassuré que le gouvernement va tenir ses engagements. «Nous sortons sur 12 points de revendication avec 11 points d’accord et un point d’accord partiel. Nous réitérons l’engagement du gouvernement à travers le Premier ministre et particulièrement le président de la République à honorer les engagements souscrits dans les différents procès-verbaux de conciliation. L’Etat ne ménagera aucun effort à respecter ses engagements et dans les délais requis», a promis le ministre Diarra Raky Talla.

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Paix des braves et surenchères sociales

Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a également pris part aux négociations entre le gouvernement et l’UNTM qui ont été conduits par une commission de conciliation ayant parrainé la signature de l’accord qui satisfait visiblement l’UNTM. Selon son secrétaire général, Yacouba Katilé, à travers cet accord, «c’est le Mali du dialogue, de l’humanité, patrie des hommes libres et égaux en droit et devoir qui gagne».

Cette fin heureuse épargne au pays un nouveau cycle de grèves qui paralysent l’administration et impacte considérablement les secteurs économiques. Toutefois, les concessions accordées par le gouvernement risquent d’amplifier les revendications sectorielles, comme c’était le cas l’année dernière avec la série de mouvements sociaux qui ont secoué les secteurs de la justice et de l’éducation.

Les syndicats de l’enseignement viennent d’ailleurs de revenir à la charge en amplifiant le mouvement de protestation qu’ils ont entamé parallèlement à celui de l’UNTM. Le lundi 28 janvier, leur coalition a déposé un nouveau préavis de grève qui va s’étaler du mercredi 13 février et ne prendra fin qu’au 1er mars 2019, soit presque la moitié du mois prochain. Les syndicats entendent visiblement monter la pression sur le gouvernement dont la marge de manœuvre est pourtant réduite au regard de la conjoncture, mais aussi et surtout de la situation sécuritaire assez critique qui impose d’énormes sacrifices budgétaires.

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Devant l’amplification des revendications sociales, le gouvernement de Soumeylou Bouba Maiga se dit toujours ouvert au dialogue, et à l’initiative du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), une conférence sociale va se tenir dans les prochains jours afin d’apaiser un climat de plus en plus tendu.

Source : La Tribune Afrique

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