Pont de Farafenni : un nouvel élan sénégambien, une aubaine pour la Casamance

0
119
Pont sénégambien, entré en service le 22 janvier 2019.

Le « Senegambia Bridge » ou le pont de Farafenni scelle le renouveau des relations entre le Sénégal et la Gambie. Réalisé au prix de 75 millions d’euros sur une durée d’environ une année, l’infrastructure devrait fluidifier les relations et les échanges commerciaux entre les deux pays. Pour la partie sénégalaise, il a été conçu dans le cadre d’un plan global d’intégration régionale et de désenclavement de la région casamançaise, grenier du pays.

C’est finalement Adama Barrow de la Gambie et Macky Sall du Sénégal qui ont réalisé le rêve, vieux de 50 ans, des pères de l’indépendance des deux pays, d’ériger un pont sur le fleuve Farafenni en territoire gambien.

Lire aussi : Gambie : Yahya Jammeh « persona non grata » aux Etats-Unis

L’ouvrage qui permet de joindre plus vite les trois régions du sud sénégalais, devra générer des revenus pour la Gambie, réduire le coût du transport et surtout désenclaver les régions de la Casamance considérée comme le grenier naturel du Sénégal. Avec ses 1,8 million d’habitants, la Casamance divisée en trois régions naturelles (Ziguinchor, Kolda et Sédhiou) isolées par l’enclave gambienne, offre les meilleures opportunités au sénégal, en termes de potentiel agricole, halieutique et touristique.

Le pont de Farafenni long de 1 000 mètres et large de 12 mètres a coûté 75 millions d’euros, financés par la Banque africaine de développement (BAD). Le « Senegambia Bridge » devrait réduire de 50% le coût de la traversée et faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays, en raccourcissant la distance entre Dakar et Ziguinchor, la principale ville au sud du pays, de 12 heures à 8 heures de routes.

Un pas vers le désenclavent de la Casamance

Considérée comme le grenier du Sénégal, la Casamance a été, depuis l’indépendance du pays en 1960, plombée par un réseau routier fortement altéré et la discontinuité du territoire national induit par la traversé de la République de Gambie, rendant la liaison aux autres régions du Sénégal particulièrement laborieuse.

De ses trois régions, Ziguinchor se distingue par son potentiel pour le développement des productions tant végétales, animales qu’halieutiques. Sur le plan du tourisme, cette partie du Sénégal propose des sites balnéaires uniques comme Kaffountine et Cap Skirring. Aux côtés de Ziguinchor, Kolda, la deuxième région, est caractérisée par un potentiel économique essentiellement agro-sylvo-pastoral et dans les cultures irriguées. À l’image de Kolda, Sédhiou la troisième région est également à vocation agro-sylvo-pastoral, car dotée de vastes périmètres rizicoles et fruitiers. Un potentiel inhibé principalement par l’absence d’infrastructures permettant d’acheminer les productions. Le pont de Farafenni ouvre ainsi de nouvelles opportunités pour la région.

Intégration régionale et limites

Au-delà du désenclavement des régions sud du Sénégal, en proie à des mouvements séparatistes, il est aussi question de créer un lien économique, essentiel à la connexion des « deux rives du fleuve Gambie, ainsi que la Gambie, le Sénégal et d’autres pays de la sous-région ouest-africaine», a précisé la présidence gambienne. Du côté Sénégalais, le pont de Farafenni est conçu dans le cadre d’un vaste programme d’intégration régionale, à travers un corridor reliant Dakar à Lagos au Nigeria, en passant par les deux guinées, conformément aux directives du NEPAD.

Lire aussi : Infrastructures : le Cameroun et la Guinée équatoriale bientôt reliés par un pont

Cependant, l’ouvrage ouvert à la circulation ce 22 janvier, parait dérisoire, tant le chantier pour le développement des infrastructures intra régionales où pour sortir la Casamance de son isolement géographique et économique est vaste. Pour le développement des régions du sud sénégalais, les spécialistes restent formels : le Sénégal à tout intérêt à définir une stratégie claire et complète en la matière.

« Il s’agit de choisir entre différentes solutions : Un pont via la Gambie, une voie de contournement par le Sénégal orientale ou la mise en place de bateaux transporteurs de marchandises », a averti Mor Talla Kane, DG de la Confédération nationale des entreprises du Sénégal (CNES), en 2016.

D’autres proposent de mixer ces options pour générer un réseau de transport dense et efficient.

Source : La Tribune Afrique

Laisser un commentaire