Felix Tshisekedi : les hommes et les femmes du cinquième président de la RDC

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Depuis la proclamation définitive des résultats par la Cour constitutionnelle, le sommeil manque à Félix Tshisekedi. Sous la contestation de son rival Martin Fayulu, englué dans le casse-tête équilibriste de la formation de son gouvernement et de la distribution des maroquins, le cinquième président de la RDC va être officiellement investi ce jeudi 24 janvier au Palais de la Nation. Entre pressentis à des postes ou membres de cabinets, le nouveau président pourrait puiser dans son entourage immédiat pour désigner ceux qui seront les hommes et les femmes du Président.

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, une bonne douzaine de conseillers, d’harangueurs de foule, de compagnons de route pensent déjà à accompagner ses premiers pas en tant que cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC).

Si les ministrables devraient être désignés lors des tractations, selon les intérêts des jeux d’alliance ou encore des débauchages au sein de l’opposition, l’armature de ce qui constituera l’équipe de travail du président devrait venir de l’entourage proche. A côté de figures surmédiatisées, voici quelques autres.

Vital Kamerhe, l’allié

Son don est peut-être son opportunisme à choisir le sens de ses alliances politiques. La soixantaine bien entamée, cet économiste figure dans les pronostics pour le perchoir de la nouvelle Assemblée nationale, un piédestal sur lequel Joseph Kabila l’avait déjà placé en 2006. Mais le directeur de campagne de Félix Tshisekedi (un poste qu’il avait occupé pour Joseph Kabila) sait bien que ses ambitions pourraient se fracasser sur le mur de la cohabitation.

Plusieurs fois ministre avec le président sortant dont il a fait partie du sérail politique, le voici pressenti pour occuper un poste à haute responsabilité avec le nouvel entrant. Au profit de celui-ci, le président de l’UNC s’est désisté avant de former une alliance qui a été victorieuse dans les faits. Il attend sans doute un retour de bâton.

Denise Nyakeru, bien plus qu’une Première Dame

Ce 9 janvier 2019, devant leur écran de télévision, le couple Tshisekedi voit sa vie prendre un tournant décisif lorsque Corneille Naanga donne les résultats provisoires de la présidentielle du 30 décembre. Son mari porté à la tête du pays, Denis Nyakeru devient la Première Dame de la RDC.

Cette infirmière de formation, mère des cinq enfants du président, ne devrait pas seulement se cantonner à un rôle de gestionnaire de l’intendance du Palais ou de visite dans des orphelinats ou des pouponnières. Originaire de Bukavu, c’est une passionnée de l’action politique. Au sein de l’UDPS où elle est très écoutée, elle a souvent conseillé son mari sur les grandes décisions après avoir écouté les différents avis. Une doublure de Maman Marthe, la veuve d’Etienne Tshisekedi.

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Jean-Marc Kabund-a-Kabund, harangueur de foules

Avec son inévitable torpédo vissé sur la tête, ce jeune cadre de l’UDPS a été adoubé dès 2016 par Etienne Tshisekedi, le père du nouveau président. C’est que ce jeune cadre du parti au pouvoir est un harangueur de foule qui a su convaincre le «Sphinx de Limete».

Président de la fédération de l’UDPS du Haut-Lomami, ce katangais connu pour son bagout a été à l’origine de plusieurs manifestations dans la riche province de l’ex-Katanga, acquise au PPRD de Kabila. Un fait d’armes qui a poussé Félix Tshisekedi à reconduire au Secrétariat général de l’UDPS ce jeune homme de 38 ans, très écouté des militants du parti d’opposition historique. Désormais au pouvoir, il ne serait pas surprenant de le voir dans l’équipe gouvernementale ou le cabinet présidentiel.

Michee Mulumba, la communication chirurgicale

C’est la cheville médiatique de Felix Tshisekedi. Au bout du fil, devant les micros et les caméras des journalistes qui l’assaillent de questions à la moindre actualité concernant son mentor, Michee Mulumba a pris ses aises. Cela tranche avec sa nervosité de débutant lorsqu’en 2011, Felix Tshisekedi décide de lui confier sa campagne à la députation à Mbuji Mayi. Les deux hommes seront désormais inséparables.

Devenu son assistant personnel, Michee veille sur tout ce qui s’écrit, se dit ou se concocte de rumeurs sur son «patron». Sous ses airs de taciturne, ce jeune cadre de stature modeste, est partisan de la communication chirurgicale. Des talents bien utiles au Palais.

Baudouin Mayo, l’allié de mon allié…

Au sein de l’alliance Cap pour le changement (CACH), Baudouin Mayo Mambeke c’est un peu l’homme qui arrive dans les valises de Vital Kamerhe. Volontairement incisif dans son franc-parler, Baudouin Mayo Mambeke tient les rênes de l’Union pour la nation congolaise (UNC) au poste de secrétaire général depuis novembre 2017 après un départ de plusieurs cadres.

Député national du Mont-Amba à Kinshasa, cet avocat de formation, auparavant secrétaire interfédéral de l’UNC à Kinshasa, connait bien les rouages du parti de Vital Kamerhe dont il est proche. Baudouin Mayo connait aussi très bien les visages de l’opposition avec qui il a eu quelques passes d’armes emblématiques. Mais c’est surtout pour ouvrir la porte aux amis de Kamerhe qu’il pourrait rejoindre l’équipe de travail du nouveau président.

Ted Beleshayi, figure de la Génération Tshisekedi

C’est une des figures de la jeune garde 2.0 de l’UDPS. Presque omniprésent sur les réseaux sociaux, partial assumé, ce jeune cadre de la Ligue de la Jeunesse du parti au pouvoir est un mobilisateur sur les plateformes numériques. Mais ce n’est que l’image qui barre l’affiche.

La trentaine, Ted Beleshayi, diplômé en sciences économiques, est aussi un auditeur du secteur minier pour le « Big Four», le cabinet KPMG. Une expérience en finances qui s’éclipse souvent devant son militantisme politique débuté avec une admiration d’Etienne Tshisekedi du temps où il était lycéen. Il pourrait suivre le fils de ce dernier dont il reste proche et qu’il a défendu, sur les réseaux sociaux et dans les médias, contre les premières attaques du camp adverse sur les résultats de la présidentielle. Il incarne le  visage de la Génération Tshisekedi, ces jeunes qui ambitionnent de monter avec leur mentor.

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Monique Kilima Kitoko, Fondation Fatshi

Ses prétentions à la députation nationale du district de Mont-Amba vont en être révisées. Décrite comme la protégée de Jean-Marc Kabund, cette jeune militante de l’UDPS a su se frayer un chemin dans un univers où ne règnent que les hommes.

Candidate malheureuse aux législatives, elle est l’adjointe au Secrétariat nationale de la Communication de l’UDPS. Un poste d’observation pour celle qui a souvent tenu des pancartes lors de manifestations organisées par la formation politique. Très présente sur les réseaux sociaux, elle indique être la présidente de la Fondation Fatshi (le surnom de Felix Tshisekedi), sans mandat officiel, destiné à promouvoir la vision et les actions du président de l’UDPS, devenu le chef de l’Etat

Tema Tabu Eboma, un bodyguard au Palais ?

Beaucoup le voient déjà comme préposé dans la future équipe de sécurité du président, d’autres indiquent que le costume serait trop larges pour les épaules du bordyguard. Tout de suite après son élection comme président de l’UDPS, Felix Tshiskedi a promu Tema Tabu Eboma au poste de responsable de la Sécurité.

Dans les meetings ou les bains de foule, cet homme drapé dans un éternel costume sombre, fraie le chemin à son boss, quand il n’observe pas attentivement les mains et visages de la foule. Un futur chargé de la sécurité présidentielle? Loin de là, les observateurs estiment qu’il lui manque l’expérience des unités d’élite chargées de cette tâche pour tout président congolais. Un autre niveau de responsabilité qui pourrait entraver son enrôlement dans la sécurité du nouveau locataire du Palais.

Roselyne Mbombo, militante dans le virtuel

De son propre aveu, elle devrait renoncer à son statut de réfugiée en Belgique pour regagner la RDC. Lui a-t-on promis un poste officiel ou subalterne à celle que l’on dit être la cousine du nouveau président? Mystère sur la future trajectoire de cette militante essentiellement virtuelle.

Au sein de la diaspora congolaise, cette jeune femme diserte ne passe pas inaperçue dans le web quand il s’agit de l’UDPS. Des commentaires sur les plateformes sociales à la publication d’envolées lyriques sur l’UDPS ou ses personnalités, elle tente de frayer un chemin parmi les voix écoutées du nouveau parti au pouvoir.

Source : La Tribune Afrique

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