Côte d’ivoire : ouverture du dialogue politique pour la réforme de la commission électorale

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L'ouverture du dialogue politique a été présidée par le premier ministre Gon Coulibaly, en présence des représentants des partis du pouvoir et de l'opposition.

Le dialogue politique sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) entre le pouvoir et l’opposition a démarré ce lundi 21 janvier à Abidjan. Promis par le président Alassane Ouattara en prélude aux prochaines échéances électorales de 2020, le dialogue politique bute déjà sur les contestations d’une partie de la classe politique notamment le FPI de Laurent Gbagbo, qui lui reproche son manque d’inclusivité.

C’est parti pour le dialogue politique pour la réforme de la Commission électorale (CEI), une initiative promise par le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara (ADO) lors de son message à la nation du 6 Août dernier. C’est le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, qui a lancé les pourparlers, ce lundi 21 janvier à Abidjan, en présence des représentants des partis politiques du pouvoir comme de l’opposition. Lors de cette rencontre solennelle que le chef du gouvernement a qualifié de «prise de contact», Amadou Gon Coulibaly a tenu à rappeler le contexte ainsi que le principal objectif visé à terme, celui de la réforme du cadre juridique et institutionnel des élections en Côte d’Ivoire.

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 «Dans ce processus de réforme de la CEI que le gouvernement initie aujourd’hui et qui se veut inclusif, nous sollicitons vos contributions respectives pour assurer le meilleur équilibre qui emporte l’adhésion de tous», a expliqué Amadou Gon Coulibaly, soulignant que le dialogue va se dérouler en deux phases. La première est destinée à l’ouverture des réflexions et va durer deux semaines à l’issue desquelles, les contributions des partis politiques seront soumises au ministère de l’intérieur, lequel va préparer la deuxième rencontre avec le gouvernement. La seconde phase consistera en une discussion entre le gouvernement et les partis politiques pour présenter les différentes propositions et ainsi rechercher «le meilleur compromis» sur les points de divergence, selon les explications du premier ministre.

Feuille de route

Pour le chef du gouvernement, ces assises du dialogue politique devraient permettre à l’ensemble des forces politiques du pays, de «tirer définitivement les leçons des crises passées autour de la question électorale et s’engager résolument à une vie démocratique apaisée». A ce titre, il a invité les acteurs politiques à œuvrer davantage à la consolidation des acquis de la CEI, afin de «dissiper les doutes et les craintes quant à la perspective des élections de 2020».

«Il y a des acquis certains que nous devons capitaliser et qui doivent aider à la réflexion, dans notre quête d’un organe impartial, efficace, régi par un processus de prise de décisions transparent», a expliqué devant les représentants des partis politiques, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

A la suite du chef du gouvernement qui a été commis par le président ADO pour conduire les concertations, les représentants des partis politiques se sont également prononcés sur le dialogue politique. Au nom de la plate-forme de l’opposition politique, «Ensemble pour la démocratie et la souveraineté» (EDS), le professeur Armand Ouégnin, a plaidé pour la mise en place d’une nouvelle commission consensuelle, saluant au passage, l’initiative du gouvernement. «De la crise post électorale, consécutive à l’élection présidentielle de 2010, aux violences regrettables qui ont émaillé les dernières élections locales d’octobre 2018, il a été démontré à suffisance que nous avons besoin d’aborder aujourd’hui, de toute urgence, avec courage et responsabilité, cette problématique des conditions d’organisation des compétitions électorales et de l’environnement sécuritaire des scrutins dans notre pays», a déclaré pour sa part, le représentant de la coalition EDS qui regroupe en son sein plusieurs formations dont l’aile dite radicale du FPI de l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, toujours en détention à la Haye. De son coté, Maurice Kakou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI de Henri Konan-Bedié, ex-allié du RDR au pouvoir, s’est réjoui de l’initiative et de la méthode préconisée par le pouvoir qui donne du temps aux partis politiques de formuler leurs doléances. «Nous saluons la tenue de cette réunion qui lance les négociations sur la réforme du cadre juridique et institutionnel des élections. Nous nous réjouissons de cette initiative. Nous souhaitons que ce soit des décisions consensuelles», a expliqué pour sa part, Pascal Affi N’Guessan, le dirigeant de l’autre aile du FPI, poursuivant que «pour le moment, nous notons des dispositions d’esprit favorable».

Contestations

L’ouverture de ce dialogue politique fait suite aux engagements pris par le chef de l’Etat d’engager une réforme de la commission électorale en prélude aux prochaines échéances électorales. Le président ADO entend ainsi donner droit aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, qui a préconisé une recomposition de la CEI, en vue d’en assurer un meilleur équilibre entre les forces politiques en compétition.

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Dans ce processus, le chef du gouvernement va également rencontrer les acteurs de la société civile afin de conforter la dynamique de concertation qui in fine, vise à parvenir à un consensus autour de l’organisation des élections de 2020. Cependant, dès les premiers pas, le dialogue a suscité une contestation de la part de certains acteurs, notamment le FPI de Laurent Gbagbo, qui lui reproche son manque d’inclusivité. «Le Front Populaire Ivoirien du président Laurent Gbagbo n’est pas invité à cette rencontre», a fait savoir le secrétaire général de l’aile radicale du FPI, Assoa Adou, selon qui, «face à cette attitude méprisante», sa formation « e se sent donc pas concernée par cette mascarade qui va éluder les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’il pose depuis toujours et plus particulièrement depuis 2011», en référence à l’initiative de dialogue présidentielle. Bien que la formation fasse partie du bloc «EDS», le FPI de Laurent Gbagbo rejette donc d’avance les conclusions du dialogue, qui intervient en pleine tensions politiques, alors que selon la formation au pouvoir de 2000 à 2010, «la réforme des institutions relatives aux élections justes, démocratiques et inclusives est un élément important de la réconciliation nationale et ne doit en aucun cas être sabordé par des manœuvres politiciennes».

Source : La Tribune Afrique

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