Présidentielle au Sénégal : le profil des prétendants au fauteuil de Macky Sall

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Bordée par la loi sur le parrainage, puis par les affaires judiciaires, la liste des candidats pour la présidentielle du 24 février 2019 s’est réduite comme peau de chagrin. Ce lundi 14 janvier, le Conseil constitutionnel a dévoilé la liste (encore provisoire) des dossiers validés pour la course au Palais de la République. Si cette configuration est maintenue, quatre candidats tenteront d’accaparer le fauteuil que Macky Sall veut occuper pour un second mandat.

Au départ ils étaient plus de 80 candidats à prétendre au fauteuil. Avec des désistements et des recalages, la liste s’était réduite à sept, puis depuis ce lundi 14 janvier 2019 à … cinq candidats en lice pour la présidentielle du 24 février 2019. Très attendue, la publication de la liste provisoire des candidats au scrutin présidentiel par le Conseil constitutionnel consacre une élection où Macky Sall devra faire face à quatre candidats.

Macky Sall face à Seck, Sall, Sonko, Niang

A 57 ans, le président sortant Macky Sall qui dirige la coalition Benno Bokk Yakaar souhaite décrocher un second mandat en surfant sur un bilan loué à l’international, mais très controversé sur le plan interne. Les opposants se pressent donc pour tirer sur la corde raide et espérer l’emporter. Et ils sont quatre à voir leurs dossiers administratifs validés par les Sages.

Il y a d’abord la candidature d’Idrissa Seck : 59 ans, ancien Premier ministre d’Abdoulaye Wade dont il a un temps été considéré comme le dauphin. Issu du sérail du Parti démocratique sénégalais(PDS) avant d’être mordu par la disgrâce pour une sombre affaire de détournement, il fera chemin à part, à la tête de son parti Rewmi, d’abord pour la présidentielle de 2007, puis pour celle de 2012 où il soutient Macky Sall au second tour. D’aucuns estiment qu’il joue sa dernière chance à celle de 2019.

Grande surprise des urnes lors des législatives 2018, le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR) est devenu la troisième force politique de l’opposition sénégalaise. Profitant de la machine électorale efficace des «dahiras» (unité associative de disciples) des «Moustarchidines», une branche de la puissante confrérie musulmane soufie des Tidjanes, son leader El Hadji Issa Sall va faire valoir ses droits de prétention au fauteuil présidentiel.

A 44 ans, l’ancien inspecteur des impôts est la nouvelle coqueluche de la politique sénégalaise. A la tête du Pastef ((Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité), ce poil à gratter du régime de Macky Sall puise sa faconde dans sa verve d’ancien syndicaliste tombé dans le chaudron politique pour tenter de proposer une alternative de gouvernance nouvelle. Un discours qui attire dans la jeunesse.

En attendant le 20 janvier, jour de vérité pour les recalés…

Pour compléter la liste (encore provisoire) des candidatures, Madické Niang. Après sa dissidence du Parti démocratique sénégalais(PDS), cet avocat de renom, ancien ministre aux Affaires étrangères d’Abdoulaye Wade dont il est l’un des plus fidèles, s’est voulu le succédané en cas d’invalidation de la candidature de Karim Wade. Pour l’heure, les oracles électoraux lui donnent raison sur ce point.

Le fils d’Abdoulaye Wade, qui devait porter les couleurs du PDS selon la volonté de son ex-président de père, s’est vu recaler par le Conseil constitutionnel. Radié des listes électorales en juillet 2018 par le ministre de l’Intérieur, Karim Wade avait été gracié deux ans plus tôt après une condamnation de 6 ans de prison ferme et 138 milliards de Fcfa d’amende par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). La condamnation, contestée par l’accusé, l’empêche pour l’heure de rentrer au bercail.

Autre recalé, Khalifa Sall, le maire déchu de Dakar. Révoqué de la Mairie de Dakar après la confirmation de sa condamnation en appel, l’ex-édile de la capitale s’est pourvu en cassation, sans succès. Son dernier espoir de pouvoir représenter la coalition «Taxawu Senegal» est encore suspendu à des subtilités du droit sénégalais. Dans tous les cas, lui comme Karim Wade peuvent encore espérer avec la publication définitive des candidats, le 20 janvier prochain, le jour de vérité !

Source : La Tribune Afrique

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