mercredi, mars 27, 2019
Accueil Societé Centrafrique : Que nous inspire l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé par...

Centrafrique : Que nous inspire l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé par la CPI ?

0
78
Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé

BANGUI, 15 janvier 2019 (RJDH)–« La Chambre de première instance I de la CPI acquitte Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé de toutes les charges », a annoncé la Cour Pénale Internationale ce 15 janvier 2019. Une décision très suivie à Bangui car, deux centrafricains accusés de crimes de guerre comparaitront devant la CPI.

En détention au quartier pénitencier de Scheveningen depuis le 30 novembre 2011, la CPI reproche à Laurent Gbagbo quatre (4) chefs d’inculpation de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Mais « la Chambre fait droit aux demandes d’acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes, fidèles à M. Gbagbo) concernant l’ensemble des charges » retenues contre eux et « ordonne la mise en liberté immédiate des deux accusés », a déclaré le juge président Cuno Tarfusser ce 15 janvier 2019 à la Haye (pays Bas).

Cependant, l’audience a été suspendue à la demande du procureur pour un nouvel appel l’audience se tiendra demain, mercredi 16 janvier.
En Centrafrique, les activités de la Cour pénale Internationale sont très suivies. Deux centrafricains, leaders des Anti-Balaka dont le premier, Alfred Yekatom Rombhot a comparu devant la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale le 23 novembre 2018. Tandis que Patrice-Edouard Ngaissona arrêté le 12 décembre en France, la cour d’appel de Paris a décidé de le transférer à la Haye. L’arrestation des membres des Anti-Balaka et leur transfert à la Haye est mal vue par une frange de la population qui estime que la CPI s’acharne sur les Anti-Balaka, car des responsables de la Séléka ne sont pas menacés. Aussi, l’on s’interroge sur le rôle de la CPI alors que Cour Pénale Spéciale en Centrafrique a été créée pour juger les crimes internationaux commis depuis 2003 jusqu’à ce jour dans le pays.

Les critiques sur la CPI en Afrique et Centrafrique:

Pour les 20 ans de la Cour, l’avocat Nicolas Tiangaye et ancien Premier ministre centrafricain a fait observer à RFI qu’ « en vingt ans, nous n’avons pas vu de résultats probants en terme de poursuites et de condamnations, puisqu’il y a beaucoup de criminels qui échappent encore à la Cour pénale internationale, et ceux qui sont arrêtés, leur procédure dure trop longtemps. Regardez le cas de Bemba : il a fallu dix ans de procédure pour aboutir à un acquittement. Donc, cela laisse les militants des droits de l’homme perplexes ».

Il a aussi reproché à la CPI le fait que « l’ensemble des accusés poursuivis, ce sont des Africains. Et ça, cela porte atteinte à son universalité. Ce caractère sélectif des personnes africaines qui sont accusées constitue à mon avis un des talons d’Achille de la CPI ».

Décriée pour « être une cour pour juger les africains » et après le verdict dans le procès JP Bemba, l’on souhaite que la CPI saura rendre justice avec équité à la lumière du Traité de Rome et « non servir des intérêts politiques », a déclaré une source anonyme.

Source : RJDH

Laisser un commentaire

WP Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com