Félix Tshisekedi, déclaré président de la RDC, selon les résultats provisoires

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Fin du suspense. Du conclave de compilation et de centralisation des résultats, une surprenante fumée blanche : Félix Tshisekedi est déclaré président élu selon des résultats encore provisoires. Un verdict des urnes historique en RDC où c’est la première fois qu’un candidat de l’opposition arrive au pouvoir. Mais cette première alternance pacifique au plus haut sommet de l’Etat entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi doit encore passer le stade de la contestation qui n’a pas tardé à arriver.

Etienne Tshisekedi n’aura pas vécu assez longtemps pour voir son rêve de diriger la RDC se réaliser à travers la personne de son fils Félix. A 3 heures du matin, ce jeudi 10 janvier 2019, la CENI a mis fin au long suspense de l’attente des résultats en rendant publics, les chiffres provisoires du scrutin.

Félix Tshisekedi, provisoirement élu

«Ayant obtenu 7 051 013 suffrages valablement exprimés, soit 38,57 %, est proclamé provisoirement élu président de la République démocratique du Congo M. Tshisekedi Tshilombo Félix», a déclaré le président de la CENI, Corneille Nangaa tard dans la nuit de ce jeudi à la fin d’une plénière de compilation des résultats arrivant des 179 centres régionaux de compilation des résultats.

Le fils de l’opposant historique -décédé en février 2017- arrive donc en tête du scrutin présidentiel en devançant, Martin Fayulu, son rival de l’opposition et porte-étendard de la coalition Lamuka, arrivé deuxième. Un podium que complète Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin désigné de Joseph Kabila et candidat du Front commun pour le Congo(FCC).

Ce résultat historique pour la RDC laisse pour le moment présager de la première transition pacifique au pouvoir depuis l’indépendance de cette ancienne colonie belge. Pour la première fois, un opposant est élu par les urnes face à un candidat du parti au pouvoir. La passation de pouvoir entre Joseph Kabila et son successeur devrait attendre la publication des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle. Initialement prévue le 15 janvier 2019, cette proclamation définitive devrait connaître un décalage avec le retard pris dans la proclamation des résultats provisoires.

«Putsch électoral» pour Fayulu, «résultats non conformes»  pour la France

La contestation n’a pas tardé à fuser. Si au sein de la majorité présidentielle, on semble s’être résolu à accepter des résultats qui placent leur candidat en troisième position, la coalition Lamuka conteste déjà des résultats dénoncés comme un . Pour la seule coalition d’opposition en lice à la présidentielle, «ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes», estime Martin Fayulu qui dénonce des résultats non conformes au décompte de la Cenco. Le candidat arrivé deuxième peut espérer un soutien à l’international puisque la France abonde dans le même sens.

« Les élections se sont déroulées à peu près dans le calme, ce qui est une bonne chose, mais il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là, parce que la Conférence épiscopale du Congo(Cenco) a fait des vérifications et a  annoncé des résultats qui étaient totalement différents. Je pense qu’il faut d’abord qu’on garde son calme, qu’on évite les affrontements, et puis que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ceux qu’on imaginait parce que monsieur Fayulu était a priori le leader sortant»,  a fait savoir ce jeudi le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, sur la chaîne d’information CNews.

Depuis le report de l’annonce des résultats, des rumeurs faisaient état de tractations entre le camp du pouvoir et l’UDPS. Les deux camps auraient fait un arrangement visant à faire un transfert d’une partie des voix du FCC à Félix Tshisekedi pour que celui-ci puisse passer devant Martin Fayulu. En échange, le camp du pouvoir actuel garderait la main à l’Assemblée nationale et/ou au Sénat.

Une victoire du FCC aux législatives devrait rebattre les cartes de la configuration politique en RDC. Le premier ministre de Felix Tshisekedi pourrait être issu du camp du pouvoir sortant : ce serait alors une cohabitation. En attendant, les résultats provisoires de la présidentielle doivent être confirmés ou infirmés par la Cour constitutionnelle. Elle détient aujourd’hui, la clef qui pourrait faire entrer Félix Tshisekedi au Palais de la Nation.

Source : La Tribune Afrique

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