Cameroun : un léger remaniement pour le nouveau septennat de Biya

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Dans la foulée de la nomination d’un nouveau premier ministre, le président Paul Biya a procédé, dans la soirée du vendredi 4 janvier, à un léger remaniement du gouvernement. Sur les 65 postes que compte le cabinet, moins d’une quinzaine ont été concernés par le remaniement qui s’est traduit par un jeu de chaises musicales et quelques nouvelles entrées.

Il n’y aura pas, contrairement à ce qui était annoncé, de nouveau gouvernement au Cameroun pour le nouveau septennat du président Paul Biya. Trois mois après sa réélection pour un 7e mandat, le président camerounais a certes nommé un nouveau premier ministre, dans la soirée du vendredi 4 janvier, mais s’est juste contenté d’un réaménagement technique de l’équipe gouvernementale.

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Dans plusieurs décrets publiés quelques heures seulement après la nomination du juriste anglophone, Joseph Dion Ngute, comme chef du gouvernement, les portefeuilles touchés par le remaniement ont été connus tout comme leurs nouveaux titulaires. Malgré quelques départs de l’équipe gouvernementales de personnalités du régime, aucun changement significatif tant dans la taille que dans la composition du cabinet. Sur les 65 postes ministériels que compte l’équipe, seul une quinzaine de poste ont été affectés par le remaniement.

Chaises musicales

Le remaniement n’a concerné aucun ministère régalien notamment les départements de la Défense, de l’Administration territoriale, de l’Economie, des Finances et de la Justice. Quelques départs notables ont tout de même été enregistrés comme celui d’André Mama Fouda, ancien ministre de la Santé qui cède son maroquin à Manaouda Malache, et d’Amadou Ali, ex-vice-premier ministre en charge des relations avec les Assemblées, qui a été remplacé par un ministre délégué à la présidence de la République, Wakata Bolvin. Parmi les promus, le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui a désormais le statut de ministre d’Etat, tout comme Jacques Fame Ndongo, son homologue en charge de l’Enseignement supérieur.

Parmi ceux qui ont changé de portefeuille, celui qui a le plus retenu l’attention c’est Issa Tchiroma Bakary, l’inamovible ministre de la communication et porte-parole du gouvernement pendant près de huit ans, qui est désormais en charge du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle. L’ancien ministre des Sports, très impliqués dans le dossier CAN 2019, Pierre Ismael Bidoung Mpkatt, a été lui nommé à la tête du département des Arts et de la culture.

Nouveaux entrants

L’un des faits saillants du remaniement, c’est aussi le retour dans le gouvernement de René Emmanuel Sadi, véritable cheville ouvrière du RDPC et présenté comme un des potentiels dauphins de Paul Biya qui est désormais le nouveau ministre de la Communication. Enfin deux entrées des plus notables sont à signaler dans la nouvelle équipe. Il s’agit de Celestine Ketcha Kourtes, la très médiatique maire de Bagangté et présidente du Réseau des femmes élues locales d’Afrique (REFELA), qui hérite du portefeuille de l’Habitat et du développement urbain. Le virulent avocat, Momo Jean de Dieu, un des responsables du G20, le groupement des partis se réclamant de l’opposition mais qui ont apporté leur soutien au président Biya lors de la dernière présidentielle, s’est vu lui récompensé du poste de ministre délégué à la justice.

Le président Biya qui a un peu joué les équilibristes pour tenir compte de la représentativité des régions et des composantes les plus importantes du pays, va certainement attendre les prochaines élections législatives prévues en fin d’année 2019, pour probablement annoncé un nouveau gouvernement comme l’attend avec impatience l’opinion publique camerounaise.

Source : La Tribune Afrique

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